Crise immobilière : « On a touché le fond de la piscine, la remontée s’annonce dans les mois qui viennent » selon la PDG de Nexity

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Nexity, premier promoteur immobilier français, vient d’annoncer un plan de licenciement dont l’ampleur doit encore être négociée entre la direction et les instances représentatives du personnel. Sa PDG, Véronique Bédague, revient au micro de Radio Classique sur les raisons de ce choix.

« C’est en ligne avec ce qui était annoncé et attendu » : mercredi 28 février, Nexity a annoncé ses résultats économiques pour 2023. Avec un chiffre d’affaires s’élevant à 4,3 milliards d’euros et des bénéfices nets de 19 millions d’euros, ils sont en nette baisse. L’entreprise a pourtant créé un choc en annonçant un plan social à venir.

Véronique Bédague revient sur les racines de cette crise « complètement inédite » qui serait due à une « concentration de crises immobilières ». Notamment dans le secteur de l’immobilier résidentiel, où une crise de l’offre s’est combinée à une crise de la demande liée à l’augmentation continue des taux d’intérêts par la Banque Centrale Européenne. L’immobilier de bureau serait à l’inverse dans une situation de « sur-offre » en raison de changements dans l’organisation du travail depuis la pandémie de Covid-19.

Une « concentration de crises immobilières »

Véronique Bédague est malgré tout optimiste concernant son activité. « Je pense que le début de la remontée s’annonce dans les mois qui viennent », déclare-t-elle au vu du déclin du coût des crédits immobiliers amorcé depuis le début de l’année. Cela devrait « redonner du pouvoir d’achat aux Français », prédit-elle.

Pour sa directrice, le plan social annoncé à Nexity répond à une nécessité de « transformation » profonde de l’entreprise pour être les « plus prêts possible » au « nouveau marché » que Nexity retrouvera en fin de crise, et qui pourrait n’être « pas du tout de l’ampleur de celui qu’[elle] a quitté en 2021 ». Véronique Bédague dit s’attendre à une sortie de crise « lente ».

Le plan social prêt « fin avril »

Les licenciements annoncés par Nexity ne répondront donc pas à un « sujet d’ajustement de volume » mais à une « réorganisation complète de l’entreprise ». Le promoteur immobilier devrait être « complètement au clair » sur son plan « fin avril ».

Pour Véronique Bédague, la sortie de crise passera aussi par l’encouragement de « l’investissement des particuliers dans le logement » et la concrétisation des annonces gouvernementales de choc d’offre, afin de pouvoir faire face au retour d’une plus grande « demande solvable ». Plus que de nouveaux dispositifs fiscaux, elle demande que l’investissement en logement « soit traité fiscalement comme l’investissement dans les sociétés en actions ou en obligations ». 

Elle déplore qu’aujourd’hui, le rendement soit contrôlé : un particulier bailleur « n’a pas la liberté de fixer le loyer et parallèlement [il a] un impôt sur le revenu, une taxe foncière qui augmente de 7% et de temps en temps aussi, l’IFI ». Elle demande une égalité de traitement de l’investissement en logement par rapport aux autres types d’investissement.

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Parmi d’autres solutions envisagées par Nexity, la densification, ou « régénération urbaine ». L’entreprise a déjà amorcé des projets de construction sur 76 sites urbains, déjà artificialisés et dotés de transports en communs.

Ella Couet

 

 

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