Le secteur de l’immobilier s’enfonce toujours un peu plus dans la crise : les promoteurs devraient vendre cette année près de 30% de logements neufs en moins. Conséquence, les difficultés de financement de nouveaux projets s’accumulent selon le PDG de Kaufman & Broad Nordine Hachemi : il était l’invité de l’émission « C’est votre intérêt » ce dimanche.
La situation actuelle de l’immobilier témoigne d’une « crise assez profonde » selon le PDG du promoteur Kaufman & Broad, déclenchée à la fois « par une hausse des taux d’intérêt très rapide de la BCE », et par « une baisse dès 2019 de l’attribution des permis de construire ».
Pour Nordine Hachemi, il existe cependant un « signal très fort » qui prouve que le marché « se retournera » à un moment donné : ce sont les « besoins en logement » qui ne fluctuent pas, « alimentés par des facteurs sociologiques, démographiques et d’obsolescence du parc de logement actuel ». « Il faudra construire ces logements » rappelle l’expert en immobilier.
Les décisions politiques n’ont pas d’impact à court terme
La nécessité de construire pour répondre aux besoins en logement se heurte aux difficultés de financement, « dans un environnement de taux qui restera élevé » : ces derniers ne devraient pas baisser avant 2024 au mieux.
L’exécutif a annoncé il y a deux semaines un plan de sauvetage en faveur des promoteurs immobiliers. Malgré une « prise de conscience » des « tensions sociales très fortes » que pourrait provoquer la crise du logement à moyen terme, la principale difficulté selon Nordine Hachemi réside dans le fait que les décisions prises aujourd’hui « n’auront des effets que dans 2 ou 3 ans ».
Les prix des logements neufs ne diminuent pas
Les Français ont perdu 25% de pouvoir d’achat immobilier en 18 mois selon la PDG de Nexity Véronique Bédague. Dans l’émission « Les 4 vérités » sur France 2, elle a évoqué une crise « d’une violence inégalée » .
Dans le même temps, les prix des logements neufs ne diminuent pas. Pour l’expert en immobilier, il faut « réajuster les coûts et densifier les opérations ».
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« Je prends toujours cette image » explique Nordine Hachemi. « A l’époque du baron Haussmann, on construisait des immeubles sur 6 étages à Paris. Aujourd’hui on a au moins doublé la population et on se bat pour faire des immeubles de plus de 4 étages ».
Paul Cassedanne
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