Face à la crise du logement et à la difficulté pour les primo-accédants de souscrire un emprunt immobilier, le gouvernement annonce de nouvelles aides. Un soutien ponctuel qui manque d’une stratégie globale.
On peut parler d’un coup d’accordéon : le prêt à taux zéro (PTZ) qui devait être restreint va finalement être élargi et renforcé, afin d’enrayer la chute des prêts immobiliers. Il concernera désormais les classes moyennes : dans les zones où l’accès au logement est le plus difficile, ces prêts subventionnés par l’Etat seront accordés jusqu’à 4.500 euros de revenus pour un célibataire, contre 3.000 euros jusque-là.
Le gouvernement prévoit également un prêt à taux zéro renforcé : la part d’aide sera relevée, jusqu’à 50% du prêt pour les moins aisés. Enfin, 150 villes supplémentaires vont être classées en zone prioritaire, à l’instar de Bordeaux, Annecy ou Strasbourg. Mais attention, ce n’est pas « open bar » pour autant !
Pas de subvention pour les maisons individuelles
L’effort reste concentré sur les immeubles neufs en zone tendue, et les appartements rénovés ailleurs. Pas question de subventionner les maisons individuelles, pour des raisons budgétaires et écologiques. Au grand dam des promoteurs, qui crient à l’effet d’annonce.
Quel sera alors l’impact de ces mesures ? Bercy table sur 40.000 prêts à taux zéro l’an prochain, l’effet va donc rester limité. Le gouvernement, en réalité, est sur une ligne de crête. Il mise d’abord sur la baisse des prix des logements pour relancer le marché, plutôt que de le mettre sous perfusion.
Les banques appelées à la rescousse
Mais en attendant, il faut bien aider ceux qui désespèrent d’obtenir un crédit, pour éviter une crise encore plus brutale. Les banques sont aussi appelées à la rescousse, le Crédit agricole s’est ainsi engagé à doubler l’effort de l’Etat sur les PTZ. Mais il manque une stratégie globale.
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On est passé de mesures d’économies sur le logement en juin, avec la fin du dispositif Pinel notamment, à une série de coups de pouce depuis la rentrée. Un nouveau prêt bonifié est aussi évoqué, de même qu’une exonération des plus-values sur les terrains à bâtir pour libérer du foncier. A quand un vrai plan d’ensemble ? Emmanuel Macron le mois dernier avait réclamé une loi logement au plus vite. Il n’a pas vraiment été entendu.
Etienne Lefebvre