Le plan logement du gouvernement a reçu un accueil glacial ce lundi 5 juin. Les professionnels de l’immobilier ne le jugent pas à la hauteur de la crise que traverse le secteur, alors qu’on sait qu’il est particulièrement fragilisé. Ces difficultés éclaboussent également le secteur du BTP
Ce plan marque un tournant historique dans la politique du logement de l’Etat. Jusqu’ici, à chaque fois que les promoteurs, les organismes HLM et les agents immobiliers tiraient la sonnette d’alarme, le gouvernement dégainait une mesure fiscale de nature à relancer la machine.
Ce n’est pas un hasard si tous les ministres du Logement ou presque depuis trente ans, ont donné leur nom à un dispositif aidé d’accession à la propriété dans le neuf. Cette fois-ci, pas de geste fiscal. L’Exécutif est même allé plus loin, puisqu’il a programmé la fin du Pinel et raboté le prêt à taux zéro.
Les promoteurs sont privés de leur ballon d’oxygène fiscal
En clair, il affiche sa volonté de sevrer d’argent public le secteur. Une décision courageuse, qui devrait représenter 2 milliards d’euros d’économies à terme et qui marque l’irruption brutale de la fin du quoi qu’il en coûte dans un univers habitué au soutien budgétaire.
Le signal est fort en effet, mais est-il adapté à la situation ? Au moment où le secteur subit les effets de la chute du pouvoir d’achat immobilier provoqué par la hausse brutale des taux d’intérêt, c’est tout sauf une bonne nouvelle. C’est sûr. Privés de leur ballon d’oxygène fiscal, les promoteurs risquent d’y laisser des plumes et la production de logements en sera affectée.
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Mais, outre que le secteur sort de dix années de prospérité, ce qui est plutôt rassurant sur l’état de santé des acteurs, il faut avoir en tête que la France est l’un des pays européens qui a le plus construit depuis le début du siècle. La pénurie de logements n’est donc pas pour demain. Pour autant, le gouvernement ne doit pas rester l’arme au pied. Maintenant que le sevrage fiscal est acté, il doit s’attaquer à un autre chantier, celui de la libération du foncier à des prix raisonnables. Un chantier dont on ne trouve pas trace dans le plan annoncé hier. Et c’est là, sa principale faiblesse.