Immobilier : La crise en France se confirme, quelle est son ampleur ?

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Mois après mois, la crise de l’immobilier se confirme. Mais est-ce que cette crise sera particulièrement dure, c’est la principale crainte des professionnels du secteur, mais également de ceux du bâtiment et évidemment des particuliers, vendeurs ou acheteurs.

Il faut avoir en tête que nous ne sommes pas tous égaux devant la crise. Certains promoteurs n’obtiennent plus de permis de construire, n’arrivent pas à faire baisser le prix du foncier qu’ils veulent acquérir et ne peuvent plus vendre parce que les acheteurs n’obtiennent pas de crédit ou se disent que les prix vont baisser.

Mais ces mêmes promoteurs ont gagné tellement d’argent pendant des années qu’ils peuvent en réalité encaisser le choc. Pour un primo-accédant qui rêve d’acheter son premier appartement, la crise peut être une bonne nouvelle.

S’il a des problèmes de financement, il peut se dire que les prix vont finir par baisser. A l’inverse, pour un propriétaire pressé de vendre, ce n’est pas un très bon moment. Mais comme les prix ont flambé, si vous détenez un bien depuis des années, vous pouvez encore vendre en espérant une plus-value.

Le pouvoir d’achat immobilier des ménages a reculé d’environ 20% en un an

Mais cette crise inquiète tout le monde. Elle est différente des précédentes parce que c’est un choc violent. D’habitude les taux d’intérêt montent doucement, les prix reculent progressivement, la demande s’équilibre.

Aujourd’hui on a constaté un doublement des taux en un an. En conséquence, le pouvoir d’achat immobilier des ménages a reculé d’environ 20%. Pour retrouver un équilibre, il faudrait que les prix s’ajustent de 20% à la baisse mais ça c’est inaudible pour les vendeurs qui vont devoir se résigner progressivement mais pas brutalement.

Il y a moins de nouveaux biens sur le marché, et moins de biens anciens

En parallèle vous avez un vrai problème d’offre parce que depuis des années il y a eu moins de permis de construire. Ca pèse sur le neuf. Et on a multiplié les normes écologiques et ça pèse sur le coût du neuf et sur l’ancien dans lequel il faudrait investir.

Il y a moins de nouveaux biens mis sur le marché et moins de biens anciens. Cela contribue à ralentir la baisse des prix juste au moment où les ménages sont confrontés à un problème de pouvoir d’achat. Du coup cela accentue la crise.

Il n’y a pas de solution magique. Il faut un peu de temps pour que les prix s’ajustent. En attendant le nombre de transactions va reculer car les vendeurs ne veulent pas baisser leurs prix et les acheteurs ont de l’appétit mais pas de quoi payer ou moins d’appétit.

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Il faudrait aussi que les maires relancent les permis de construire, que les promoteurs qui font trop souvent n’importe quoi deviennent plus raisonnables, mais cela ne se décrète pas. On est dans une phase d’ajustement qui risque de prendre en fait un peu de temps. La vérité c’est que le marché a plus de chance de se figer un peu que de s’effondrer.

David Barroux

 

 

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