Visite du pape Léon XIV à Paris : À la rencontre de Karol Mossakowski, l’organiste de la grande messe

IPA/SIPA

600 000 personnes sont attendues à Paris samedi pour la grande messe qui sera célébrée par le pape Léon XIV sur l’avenue des Champs-Élysées. Et parmi ceux qui se préparent à cet événement hors norme, il y a Karol Mossakowski, organiste polonais, titulaire du grand orgue de Saint-Sulpice. Il accompagnera la célébration avec 1500 choristes. À quelques jours du rendez-vous, Radio Classique l’a rencontré dans son univers au cœur de l’un des plus grands orgues de France.

 

L’organiste Karol Mossakowski nous entraîne dans les entrailles du grand orgue de Saint-Sulpice : « On entre par la porte droite pour pouvoir accéder à la tribune, et c’est là où toute la magie commence. Nous sommes devant les soufflets, les poumons de l’instrument qui vont gonfler. Il n’y a pas plus vivant comme instrument. Il respire. »

Un poumon qui alimente les milliers de tuyaux, puis direction le poste de pilotage : 5 claviers, inchangés depuis le XIXe siècle.

« Nous sommes derrière l’instrument. Ces claviers ont connu les doigts de César Franck, Gabriel Fauré, c’est quand même assez impressionnant d’être assis là. »

Karol Mossakowski devra composer avec le son extérieur

Mais pour la messe de samedi, changement de décor. Pas de tuyaux, mais un orgue électronique, 1500 choristes et 600 000 personnes en plein air.

« Le soir, quand je suis dans mon lit, j’y pense : j’essaie d’imaginer ce que le son va donner. Je n’en ai absolument aucune idée. Il y a le son d’une ville, le vent, ce qui va autour. »

À quelques jours de la messe, l’angoisse commence à monter pour ce jeune Polonais de 35 ans.

« Je suis né en Pologne. Vous imaginez, mon enfance, Jean-Paul II, qui n’était pas juste un pape, c’était une pop star. Mon rôle n’est pas si simple que ça, je ne suis pas là juste pour accompagner ».

Au programme : Fauré, Vierne, Gigout… et Karol Mossakowski

Car il ne suffira pas de suivre une partition.

« Il y a une belle partie d’improvisation, parce que, tout simplement, on ne sait pas exactement combien de temps va durer un mouvement, un rythme, etc. Je dois être très réactif et faire la musique sur le moment. Vous allez me dire que c’est mon métier, oui, mais avec toute la pression, ce n’est pas si évident. »

Au programme : Fauré, Vierne, Gigout, et même un psaume composé spécialement par Karol Mossakowski.

« J’ai arrangé le refrain d’une manière un petit peu différente, pour chaque fois ajouter une petite couleur. »

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Qu’est-ce qu’on peut lui souhaiter pour samedi prochain ?

« Le calme. Et j’aimerais bien essayer de profiter un petit peu de ce moment. Ça risque de ne plus arriver dans ma vie, c’est déjà incroyable. Je ne sais pas si de grandes stars de la musique populaire ont déjà joué pour 600 000 personnes !

Si je me trompe, elles l’entendront, c’est ça qui participe à la pression. Mais bon, après tout, c’est une messe, j’ai l’habitude de faire ça, c’est mon job et je suis là juste en service. »

Samedi, Karol Mossakowski n’aura plus qu’à laisser parler la musique.

Rémi Pfister

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