Paquet de cigarettes à 12 euros : pourquoi la hausse du prix du tabac risque d’être contreproductive

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Les prix du tabac augmenteront à nouveau à partir du 1er janvier 2024. Un paquet de cigarettes coûtera désormais entre 11,50 et 12 euros. Mais cette stratégie de hausse des prix mise en place par le gouvernement commence à trouver ses limites et même à avoir des effets contreproductifs.

Depuis le début de la décennie, la consommation de tabac ne diminue plus en France, alors que le nombre de paquets de cigarettes vendus a reculé d’un quart sur la période. Cette année, les buralistes devraient en vendre 1,5 milliard environ.

Ce paradoxe apparent s’explique par l’explosion du marché du tabac parallèle. Face à l’envolée des prix décidée par l’Etat – les taxes représentent aujourd’hui 80% du total du prix d’un paquet – producteurs et consommateurs se sont organisés. L’an dernier, les douaniers ont découvert cinq usines clandestines en France. Les ventes des pays voisins de l’Hexagone explosent.

Chaque année, les buralistes luxembourgeois écoulent 3 milliards de cigarettes alors que le marché local est estimé à 600 millions. Les fumeurs français ne sont certes pas les seuls à s’y approvisionner mais représentent la majeure partie de la clientèle.

Un paquet à 13 euros d’ici la fin du quinquennat

Le gouvernement présentera demain son nouveau plan de bataille contre le tabagisme. Il est certain que ce dernier intégrera de nouvelles hausses de prix. D’ici à la fin du quinquennat, le seuil des 13 euros pour un paquet de cigarettes devrait être atteint, plus ou moins rapidement selon l’évolution de l’inflation.

L’interdiction des cigarettes électroniques jetables sera aussi mise sur la table. Elle fait d’ailleurs l’objet d’une proposition de loi transpartisane à l’Assemblée nationale.

Le combat doit être mené à l’échelon européen

D’autres mesures seront dévoilées, preuve que l’Etat reste mobilisé contre un fléau qui tue 73 000 personnes chaque année et coûte 26 milliards d’euros à la Sécurité sociale. Mais ce plan ne suffira pas. Le combat doit être mené à l’échelon européen.

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Bruxelles a proposé il y a trois ans une harmonisation fiscale et une régulation des achats transfrontaliers pour décourager la consommation : des mesures indispensables mais qui ne sont toujours pas entrées en vigueur.

François Vidal

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