Inflation : « On va vraiment dans la bonne direction » selon le gouverneur de la Banque de France

ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Comme chaque mois, la Banque de France publie une enquête de conjoncture qui livre un diagnostic de la santé économique du pays. Aucune récession n’est à prévoir malgré un ralentissement de l’activité qui se confirme. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, était l’invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi.

Malgré un « ralentissement » de l’activité dans tous les secteurs de l’économie, la croissance française devrait rester légèrement positive en 2024 et s’établir à 0,9%, selon l’analyse de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

« Depuis plusieurs mois, les chefs d’entreprise soulignent l’incertitude devant eux, mais quand ils regardent ex post le mois écoulé, l’activité a à peu près tenu » explique l’invité de David Abiker.

Les bonnes nouvelles se trouvent surtout du côté de l’inflation. Selon l’enquête de la Banque de France publiée ce mois-ci, 6% des industriels disent avoir augmenté leurs prix au mois d’octobre, un chiffre 4 fois moins élevé qu’il y a un an : « sur l’inflation, je crois qu’on va vraiment dans la bonne direction ».

Ramener l’inflation vers 2% d’ici à 2025

Il y a une « perspective claire à la baisse » qui permet à François Villeroy de Galhau de rappeler, au nom de la Banque de France, un engagement : celui de « ramener l’inflation vers 2% d’ici à 2025 ».

Contenir la hausse des prix passe obligatoirement par l’augmentation des taux d’intérêt : « ce remède n’est pas agréable mais il est efficace ». Le gouverneur souligne qu’avant tout, « la maladie, c’est l’inflation et elle est très ressentie par nos concitoyens ». Mais il tient à rassurer sur les taux d’intérêt : « sauf surprise, sauf choc extérieur, ils ne monteront plus ».

Sur le marché de l’emploi, malgré un ralentissement dans ce secteur également, la Banque de France observe « une baisse des difficultés de recrutement des entreprises », avec la moitié d’entre elles qui avaient du mal à embaucher il y a un an, contre 40% aujourd’hui.

Malgré des progrès, les délais de paiement des entreprises restent élevés

Si les entreprises tiennent donc le choc dans l’ensemble, François Villeroy de Galhau tient à rappeler l’importance de « respecter les délais de paiement », qui restent trop élevés dans l’ensemble. Selon le haut fonctionnaire, « il y a une baisse moyenne des délais de paiement en France de 2 jours » : la moyenne est donc passée de 14 à 12 jours.

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Pour inciter les entreprises à payer en temps et en heure, la Banque de France n’hésite pas à « dégrader » la cote de celles qui sont en bonne santé et n’ont « aucune raison d’avoir des retards de paiement ». Le gouverneur insiste : « On peut mieux faire, notamment pour les grandes entreprises ».

Paul Cassedanne

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