C’est l’une des carottes les plus courantes des salariés, l’une des motivations les plus classiques. La soif de reconnaissance, la considération, la rémunération… et donc la promotion en interne. Avec parfois des effets inattendus.
Sur le web, les articles de coaching et de développement personnel fleurissent pour favoriser et provoquer les promotions. Une étude de McKinsey reprise par Les Échos il y a un mois dévoilait ainsi que désormais, les femmes demandent autant de promotions que les hommes : une envie assez commune et tout à fait normale.
Mais dans son étude « Today At Work – La vérité cachée des promotions », – un titre alléchant – le groupe ADP révèle les effets inattendus des promotions, qui peuvent parfois produire des comportements sibyllins…
Gare aux promotions « écran de fumée »
En effet, près de trois salariés sur dix démissionnent après une promotion, ce qui peut paraître paradoxal. Ils le font d’ailleurs très rapidement ; un mois plus tard ! S’ils n’avaient pas été promus, seuls deux sur dix auraient démissionné, précise également l’étude.
Cela veut donc dire qu’il ne suffit pas de promouvoir des collaborateurs pour s’assurer de leur fidélité. Au contraire ! Pourquoi partent-ils ? C’est très simple : s’ils sont promus, c’est qu’ils ont du talent. Et s’ils ont du talent, ils vont forcément recevoir des propositions extérieures !
Promouvoir en interne, c’est déjà une chose symbolique. Mais une promotion doit être encadrée de façon concrète, avec de vraies nouvelles responsabilités, de nouveaux engagements, de nouveaux challenges… Les promotions « écran de fumée » ne servent à rien ! Cela peut même rebuter…
La fidélité des salariés français en baisse
Je propose donc une autre recette : « responsabiliser pour fidéliser ». Le rapport « Today at Work » présente l’indice de motivation et d’engagement des salariés, une méthode d’évaluation en temps réel de leur niveau de fidélité qui a été réalisée auprès d’environ 29 000 salariés dans 28 pays, dont la France.
Plus les collaborateurs obtiennent un indice élevé, moins ils ont l’intention de quitter leur organisation. Une valeur d’indice supérieure à 100 reflète une augmentation de leur engagement et de leur motivation. En août 2023, cet indice a diminué de 108 à 100 en France, son niveau le plus bas depuis juin 2022. En décembre 2022, il avait culminé à 121, résultat d’une année marquée par des augmentations salariales, une politique de recrutement renforcée et le développement du télétravail.
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Pour résumer, quand tous les signaux sont au vert, les salariés ont la bougeotte. Et quand les signes sont plus douteux, plus incertains, on ne bouge pas, on attend. Si j’osais, je comparerais presque cela avec ce qui se passe sur le marché immobilier…
Quentin Périnel