Les travailleurs français sont souvent perçus à l’étranger comme des individualistes un peu tire-au-flanc. Mais on apprend aujourd’hui que la France est l’un des pays dans lequel on pratique le moins le télétravail ! Nous sommes même les champions d’Europe du retour au bureau.
Les Français seraient au bureau en moyenne 3,5 à 4 jours par semaine, contre 2,5 à 3 chez nos voisins britanniques par exemple. Pendant la crise du Covid, nous avons tous été contraints de pratiquer le travail à distance de façon intensive. Mais plus les mois passent, plus on revient au bureau.
Les spécialistes avancent plusieurs arguments pour expliquer le phénomène. Il y a d’abord tout ce qui est lié à la culture managériale. On sait que les chefs aiment avoir leurs salariés sous la main. Ils étaient contre le télétravail il y a trois ans. Aujourd’hui ils sont contre le télétravail généralisé. Si on veut se faire bien voir, donc, on vient au bureau.
Un cadre de travail plus agréable au bureau
Le deuxième élément c’est ce que j’appelle le paradoxe du logement. Pour ne pas habiter trop loin de son bureau, on habite souvent – en région parisienne surtout – dans un appartement pas très grand. On a davantage plus envie d’aller au bureau, surtout si l’entreprise a fait des efforts d’aménagement.
Enfin, on pourrait dire qu’on a un côté plus sociable que les anglo-saxons. Le midi on aime bien manger ensemble plutôt que de descendre une lunch box seul devant son ordinateur. Les collègues ne sont pas toujours des amis.
Le télétravail ne nuit pas à la productivité
Nous sommes collectivement en train de trouver un bon équilibre du télétravail. Comme dans tout, le poison, c’est la dose. Trop de télétravail c’est moins d’esprit d’équipe, moins de capacité à intégrer les nouveaux. Quelques jours – comme surtout le vendredi chez nous – ou la capacité de télétravailler le matin, ça permet de rendre les transports du quotidien plus agréable et de rendre la semaine un peu plus douce.
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Pour les entreprises c’est un outil pour séduire des nouvelles recrues dans des métiers en tension. On peut faire des économies en réduisant les surfaces des bureaux. Dans un contexte dans lequel il est difficile d’augmenter ses salariés, on joue sur la qualité de vie au bureau et au quotidien. Et à la différence des 35h et des RTT qui ont eu un impact économique négatif, on ne nuit pas à la productivité. On est encore dans une phase d’apprentissage et d’ajustement mais pour les cadres en particulier, la montée en puissance du télétravail est un vrai plus.