Le torchon brûle entre les partenaires sociaux et l’Etat sur les retraites complémentaires. Le président du Medef Patrick Martin lance un avertissement au gouvernement ce matin dans Les Echos, à la veille d’une séance de négociation cruciale avec les syndicats.
Patrick Martin met les points sur les « i » : il n’est pas question de piocher dans les réserves de l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire du privé. Face à lui, le gouvernement a un raisonnement simple : il a assumé une réforme impopulaire sur les retraites, qui va faire gagner jusqu’à 3 milliards d’euros par an à l’Agirc-Arrco.
L’Etat veut un retour sur investissement. En clair : un renflouement de la Sécurité sociale qui reste dans le rouge. Sauf que, comme le souligne le président du Medef, les excédents du régime sont autant dus aux décisions difficiles prises par le passé, comme le gel des pensions.
La revalorisation des pensions est prévue au 1er novembre
Par ailleurs, l’Agirc-Arrco conteste les prévisions trop optimistes du gouvernement sur la croissance et le plein emploi, qui créent une fausse cagnotte. Pour le Medef, c’est enfin une question de principe : « L’Etat ne peut pas tout régenter. On a besoin de liberté et de corps intermédiaires » estime Patrick Martin. Et pour une fois, les syndicats sont alignés sur sa position.
Quelle peut être l’issue de ce bras de fer avec l’Etat ? Les partenaires sociaux ont tout intérêt à trouver un accord entre eux sur les retraites complémentaires, qui fixe les règles du jeu pour 3 ans. Ces négociations doivent aboutir d’ici 10 jours, pour que les pensions soient revalorisées comme prévu au 1er novembre. Problème, les positions diffèrent encore, sur les règles d’indexation notamment.
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Tactiquement, ils pourraient aussi faire un geste envers l’Etat, en finançant en partie la hausse des pensions à 1.200 euros prévue dans la réforme. Cela restera loin du compte pour le gouvernement, mais il serait alors au pied du mur. Soit il passe outre, et pioche dans les réserves via un amendement au budget de la Sécurité sociale, et c’est la rupture. Un pari risqué. Soit il revoit ses ambitions à la baisse. On est dans une belle partie de poker menteur.
Etienne Lefebvre