Cancer : Face à la hausse du coût des médicaments, une production publique ?

istock

L’Académie de médecine alerte sur le coût croissant des médicaments contre le cancer dans un nouveau rapport dévoilé ce mardi. La production publique de traitements anticancéreux fait partie des pistes pour freiner cette hausse.

La recherche contre le cancer a fait d’immenses progrès ces dernières années, mais les nouveaux traitements sont de plus en plus onéreux et menacent de faire craquer les systèmes de santé, avec des dépenses qui grimpent de 13% par an.

Le « Keytruda » est ainsi devenu le médicament générant le plus gros chiffre d’affaires mondial : 12 milliards de dollars de ventes sur les six premiers mois de l’année 2023. Les coûts de traitement sont de l’ordre de 100 000 euros en moyenne.

Réduire les prix, augmenter la disponibilité

Dès lors, comment faire face à ce problème ? L’Académie de médecine avance une piste iconoclaste : faire produire certains traitements par les hôpitaux eux-mêmes. Il ne s’agirait évidemment pas des médicaments protégés par des brevets, à l’instar du « Keytruda ».

Mais c’est envisageable dans le cas des thérapies personnalisées, comme les « CAR T-cells ». Le principe de ces traitements apparus en 2018 consiste à prélever des cellules du patient, à les manipuler génétiquement pour leur apprendre à attaquer sa tumeur, puis à lui réinjecter ses propres cellules, devenues des « supertueuses » de la maladie.

Une production publique aurait deux intérêts : réduire les prix et augmenter la disponibilité. Actuellement, les laboratoires facturent ces traitements entre 300 000 et 400 000 euros : des montants vertigineux mais les résultats sont spectaculaires.

Un succès dans d’autres pays

Au Canada et en Espagne, des essais cliniques ont permis de ramener le coût à moins de 100 000 euros, via une production publique, à prix coûtant. L’Académie de médecine estime que les CHU (Centre Hospitalier Universitaire) français ont le savoir-faire pour leur emboîter le pas d’ici trois ou quatre ans, si suffisamment de moyens sont déployés.

A lire aussi

 

L’enjeu est considérable car ces traitements sont amenés à se développer fortement. La question est encore de savoir si ce rapport fera bouger les lignes. Il survient en tout cas au bon moment, à l’heure où le gouvernement cherche à relocaliser des productions dans le domaine de la santé.

Etienne Lefebvre

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique