La recherche sur le cancer du poumon s’est accélérée ces derniers mois avec des résultats positifs sur un vaccin thérapeutique, toutefois le chemin est encore long, a souligné ce matin sur Radio Classique l’onco-pneumologue Marie Wislez. L’invitée de David Abiker a fait un point précis sur les avancées en cours.
La France est très en retard dans la lutte contre le tabac. C’est un des constats dressés par Marie Wislez, qui dirige l’unité d’oncologie thoracique à l’hôpital Cochin APHP centre. Alors que la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre sont prêtes à interdire la cigarette, en France « on en est à interdire le tabac dans les hôpitaux ». Une charte vient tout juste d’être signée par l’APHP.
Ne pas fumer dans l’enceinte de l’hôpital, un premier pas avant de l’étendre à toute la société. Rappelant que l’ambition de l’Etat est d’avoir une société sans tabac à partir de 2032, la spécialiste du cancer du poumon estime que les moyens pour y arriver sont encore flous, et passeront par « la débanalisation du tabac ».
Le buzz médiatique peut créer de la frustration et du désespoir
En attendant cette société sans cigarette, il s’agit de faire progresser les recherches pour traiter le cancer du poumon. Alors qu’il y a « énormément de progrès dans la prise en charge thérapeutique », un vaccin a fait le buzz dans les médias.
« Il y a déjà eu des essais de vaccins négatifs jusqu’à présent, et cette étude publiée dans Annals of oncology est aussi négative. Mais il semble qu’il y ait un signal positif dans un sous-groupe ». C’est donc là que ce situe l’espoir, qui n’existe pas encore pour les patients actuellement traités. Si elle reconnaît que la presse permet de parler du cancer et des facteurs de risques, Marie Wislez se dit résolument « contre le buzz médiatique qui crée de la frustration et du désespoir ».
Le cancer du poumon de plus en plus mortel chez les femmes
La cancérologue a fait le point sur les autres recherches qui avancent : « l’an prochain, je l’espère, une expérimentation nationale pilote [sera mise en place] avec des scanners low dose, aux taux faiblement irradiants pour d’anciens fumeurs ayant consommé une certaine quantité de tabac ».
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Elle cite aussi les études régionales, notamment en Île-de-France : « des scanners low dose [sont déjà prescrits] pour des femmes fumeuses. On s’est aperçu que cela réduisait la mortalité par cancer du poumon pour ces patientes ». Le sujet est brûlant : « même si le premier cancer en fréquence est celui du sein, le plus mortel chez les femmes est en train de devenir le cancer du poumon ».
Béatrice Mouedine