Fin juin, l’Assemblée de Martinique a officiellement adopté la création et le déploiement, à partir du dernier trimestre 2026, d’un conservatoire de Musique, de danse et d’art dramatique sur l’île antillaise. Le pôle central sera implanté à Fort-de-France et s’appuiera sur des écoles partenaires déjà présentes dans plusieurs communes.
Alors que la plupart des régions françaises métropolitaines disposent d’un conservatoire de musique, depuis la création en 1795 de la première institution de ce type à Paris dans le quartier Faubourg Poissonnière, les Antilles françaises ne bénéficiaient toujours pas d’infrastructure de ce niveau, même si en Guadeloupe a été développé depuis 2018 un Pôle régional des Arts du spectacle (PRAS).
Mais heureusement, le 26 juin dernier, le projet de conservatoire public de Musique, de danse et d’art dramatique, porté par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), a été officiellement approuvé par les élus de l’Assemblée locale. « L’offre pédagogique s’articulera autour de ces trois disciplines et les expressions culturelles martiniquaises et caribéennes occuperont une place centrale dans le projet pédagogique, afin de faire du patrimoine local un socle de transmission, de création et d’excellence », s’est félicité Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la CTM.
Fabrice di Falco : « De mon vivant, je pourrai dire que j’aurai vu, touché et entendu l’acoustique du conservatoire de la Martinique »
Selon le CTM, ce projet reposera sur un modèle en réseau. Le pôle central sera implanté à Fort-de-France, dans les anciens bâtiments administratifs du lycée Schœlcher, en réhabilitation depuis 2023, tandis que dans plusieurs autres communes, des écoles partenaires continueront à assurer une offre de proximité devrait commencer ses activités durant le dernier trimestre 2026, avec le lancement des premiers cursus de musique et de théâtre.
Le cursus danse et le partenariat avec l’Éducation Nationale seront déployés à compter de 2027.
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Ce nouveau conservatoire est une formidable opportunité pour la Martinique de pouvoir former, encadrer et promouvoir les nombreux talents d’origine antillaise ou de la région qui, jusqu’à maintenant, ont été contraints de suivre des formations de haut niveau en métropole.
Ce fut le cas notamment de la soprano Marie-Laure Garnier, finaliste du concours Operalia en 2021, et de la mezzo-soprano Axelle Saint-Cirel dont l’interprétation a marqué les cérémonies des Jeux Olympiques de 2024 à Paris.
La Collectivité Territoriale de Martinique acte la création du premier Conservatoire de Martinique
➡️ À ce jour l’enseignement artistique initial est assuré principalement par un réseau d’écoles associatives pic.twitter.com/eo2oRLBqrb
— Outremers360 (@outremers360) June 28, 2026
Deux chanteuses également distinguées lors du concours Voix des Outre-mer, la compétition créée par le chanteur lyrique antillais Fabrice di Falco.
Le contre-ténor martiniquais, qui milite depuis près de vingt ans pour la création d’un conservatoire aux Antilles, a déclaré à Télérama : « Il n’y a que ce genre d’institution qui peut vous permettre d’être reconnu par la France hexagonale. Nous avons fait entrer beaucoup de Martiniquais dans des conservatoires de l’Hexagone (…) L’essentiel, c’est que, de mon vivant, je pourrai dire que j’aurai vu, touché et entendu l’acoustique du conservatoire de la Martinique ».
Philippe Gault
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