Le commerce mondial confirme son ralentissement cette année, et c’est l’OMC, le gendarme du commerce qui le souligne lui-même, avec des prévisions divisées par deux pour 2023.
Les échanges planétaires ne progresseront que d’un petit 0,8% cette année. Loin, très loin du niveau de la croissance mondiale, proche de 3%. Après le yoyo des années Covid, c’est une tendance qui se confirme : la dernière décennie aura été la plus lente pour l’évolution du commerce depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L’OMC parle même de « ralentissement généralisé » qui « concerne un grand nombre de pays et un large éventail de produits ». Moins de containers par bateau, moins d’importations des grands pays industrialisés, la dynamique paraît bel et bien rompue, même si un rebond est espéré pour 2024. L’OMC réfute néanmoins toute démondialisation : les chaînes de valeur des entreprises restent toujours aussi complexes, mais leur étendue a peut-être atteint son point culminant.
Un changement dû au conflit entre la Chine et les USA
Les circuits commerciaux se transforment. Le mouvement avait déjà été marqué après le Covid : la désorganisation des échanges a alors conduit les entreprises à diversifier leurs fournisseurs et raccourcir leurs circuits de production. Cet immense reroutage s’accélère en raison du conflit qui oppose la Chine et les Etats-Unis, et de la mise à l’index de la Russie.
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En clair : on commerce de plus en plus avec des pays amis, qui partagent des visions politiques similaires. Mais pour les entreprises, c’est un chantier de longue haleine, pour les Etats qui cherchent à relocaliser des productions aussi. Dans ce chamboule-tout, l’Europe a une belle carte à jouer. A condition de la jouer collectivement, et de ne pas tomber dans le piège de la fragmentation et des nationalismes.
Etienne Lefebvre