Nouvelles routes de la soie : 10 ans après, quel bilan pour la Chine ?

CHINE NOUVELLE/SIPA

Le 8 septembre 2013, la Chine lançait son grand projet de Nouvelles routes de la soie, un projet titanesque, faisant référence à l’époque de Marco Polo où la Chine attirait les marchands du monde entier. Malgré les critiques, le succès est-il au rendez-vous pour Pékin ?

10 ans après le discours de Xi Jinping, 1.000 milliards de dollars ont été investis dans 150 pays. Lignes ferroviaires, ports, pipelines, ponts suspendus, autant de chantiers qui ont facilité le commerce chinois vers l’Europe, mais pas seulement. Et le champ d’action s’est élargi à l’agriculture ou aux télécoms.

Mais le projet suscite un flot croissant de critiques. Et pour cause, si Pékin y trouve son compte, les populations locales beaucoup moins, nombre de pays se retrouvant étranglés par leur dette. On pense au Sri Lanka obligé de céder le contrôle de son port, surdimensionné.

La Chine s’est rendue incontournable

Mais un peu partout en Afrique, on renégocie pour éviter le défaut de paiement. Et en Asie centrale aussi, la mainmise chinoise agace. S’agissant de l’Europe, Pékin a certes pris position en relançant le port du Pirée. Mais la Grèce n’est plus en faillite et se tourne vers d’autres investisseurs. Idem pour l’Italie qui se retire de son accord très décrié avec la Chine, faute de résultats et parce que Pékin est plus vu aujourd’hui comme un rival.

Pour autant, la Chine aura beaucoup gagné en dix ans dans toute cette affaire. Si on prend un peu de hauteur, le constat est net : la Chine s’est rendue incontournable dans des régions où elle ne pesait rien, en Afrique, en Amérique latine. Ses entreprises trouvent des débouchés, et des matières premières, quand l’influence des Européens décline.

A lire aussi

 

Et politiquement, ça compte plus que tout pour le président chinois, les routes de la soie ont permis de lutter contre l’hégémonisme américain, avec la plus grosse opération mondiale depuis le plan Marshall. Alors certes, aujourd’hui, Pékin est plus préoccupé par sa bulle immobilière et revoit ses ambitions à la baisse. Mais on attend toujours une réponse à la hauteur, des Etats-Unis comme de l’Europe.

Etienne Lefebvre

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique