Coupe-faim : comment ce marché est devenu le nouvel eldorado des géants pharmaceutiques

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Le marché des coupe-faim, vendus comme la recette miracle pour maigrir sur les réseaux sociaux, est en train d’exploser et pourrait générer 100 milliards de dollars de revenus pour les groupes pharmaceutiques d’ici à 2030. Déjà autorisés au Etats-Unis, ces médicaments qui comportent de nombreux risques devraient bientôt faire leur arrivée légale en France.

Il existe une méthode incontestablement efficace et saine pour perdre du poids : pratiquer un sport régulièrement, manger moins de gâteaux, et boire un peu moins d’alcool. Mais un nouveau procédé plus chimique se répand aujourd’hui, consistant à s’injecter des médicaments une fois par semaine, permettant par miracle de perdre en un an environ 20% de son poids.

Le patron de X (ex-Twitter) Elon Musk les a testés et en avait même vanté les mérites sur les réseaux sociaux en novembre 2022. Plus largement, ces injections font l’objet d’un véritable emballement.

Les vidéos évoquant ces médicaments ont été vues plusieurs milliards de fois et les ventes s’envolent. Emmanuel Macron était hier à Chartres pour se féliciter d’un investissement de plus de 2 milliards d’euros dans une usine du groupe pharmaceutique Novo Nordisk qui a lancé l’un de ces médicaments.

Plus de 900 millions de personnes obèses dans le monde

Aujourd’hui, l’explosion du marché est liée à la fois à la demande et à l’offre. L’augmentation de la demande s’explique par la progression constante de l’obésité, qui touche plus de 900 millions de personnes dans le monde aujourd’hui. Ce chiffre pourrait atteindre plus de deux milliards en 2035 en raison de l’enrichissement des classes moyennes dans presque tous les pays : la population mange des aliments plus riches et plus sucrés, en plus grande quantité.

Aux Etats-Unis, 40% de la population souffre d’obésité, 80% de surpoids. Le reste de la planète suit globalement la même tendance. Ce phénomène génère une forte demande : le marché des coupe-faim pourrait générer 100 milliards de dollars de revenus pour les groupes pharmaceutiques dès 2030.

Des médicaments aux effets secondaires

La science progresse et les industriels, en lançant il y a cinq ans de nouveaux médicaments pour lutter contre le diabète, se sont rendus compte que ces derniers entraînaient une sensation de satiété.

Le fait d’avoir moins envie de manger nous fait mécaniquement maigrir. Le problème est que les médicaments ont été autorisés dans la plupart des pays seulement pour lutter contre le diabète et pas pour remplacer un régime.

Actuellement, la consommation se fait en détournant l’usage originel du produit. Il y a donc des risques d’effets secondaires qui peuvent avoir un impact sur l’estomac ou des effets psychologiques : de possibles tendances suicidaires ont même été évoquées.

La commercialisation des coupe-faim devra être réglementée

Il existe par ailleurs beaucoup de contrefaçons qui sont potentiellement très dangereuses. Surtout, il est connu que l’enjeu après avoir perdu du poids est de ne pas le regagner. La prise d’un médicament ne suffit pas, il est nécessaire de changer ses habitudes de consommation.

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Enfin, le prix pose un problème puisque le traitement coûte plus de 1 000 dollars par mois. Beaucoup de groupes vont lancer dans les années à venir des coupe-faim qui seront autorisés mais dont la commercialisation devra être réglementée. La question de la prise en charge collective de ce médicament, et donc son remboursement, devra également être abordée.

David Barroux

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