Bruno Le Maire veut relancer le crédit immobilier, à quoi joue-t-il ?

Cedric LEMOINE/SIPA

Dans une interview au Parisien, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a avancé plusieurs pistes soumises aujourd’hui au Haut Conseil de Stabilité Financière.

On comprend bien l’intérêt politique du ministre de l’Economie dans cette affaire. Donner le sentiment qu’il met tout en œuvre pour aider les Français à réaliser leur projet immobilier au moment où ils ont de plus en plus de mal à se loger est un calcul forcément payant à court terme.

Mais je ne suis pas sûr qu’il ait raison de mener ce combat. Je pense même qu’il ferait mieux de s’abstenir. Car s’il est devenu plus difficile d’obtenir un crédit bancaire pour acheter un appartement ou une maison, c’est que de nombreux candidats à l’accession à la propriété n’en ont tout simplement plus les moyens.

La hausse fulgurante des taux – passés de 1 à 4% en moins de deux ans – les a sortis du marché. Assouplir les règles pour les y ramener artificiellement me paraît imprudent et même risqué sur le long terme.

Les experts de Bercy prennent un double risque

Mais Bercy ne propose pas une révolution. Seulement de desserrer légèrement les contraintes qui limitent l’octroi de crédit immobilier. Il n’empêche. En suggérant par exemple d’allonger la durée maximale d’emprunt pour les acheteurs devant financer de gros travaux ou de ne plus prendre en compte les crédit-relais dans la capacité d’emprunt des ménages, les experts de Bercy prennent un double risque.

D’abord d’ouvrir la voie à une forme de surendettement immobilier, ce qui pourrait déstabiliser un marché du crédit à l’habitat aujourd’hui très sûr justement parce que les règles qui l’encadrent sont bien calibrées.

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Ensuite, et c’est tout aussi embêtant, de retarder la nécessaire correction des prix du mètre carré qui seule pourra redonner du pouvoir d’achat immobilier aux ménages. En clair, Bruno Le Maire ferait bien de ne pas jouer à l’apprenti-sorcier sur le sujet. D’autant que ce faisant il entretient l’idée illusoire d’un Etat-tout puissant capable lorsqu’il le souhaite de peser sur la loi de l’offre et de la demande.

François Vidal

 

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