Immobilier : « Aujourd’hui, il n’y a pas de signe certain d’embellissement du marché » constate Loïc Cantin (FNAIM)

SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Une première baisse des taux de crédit immobiliers depuis deux ans a été enregistrée pour le mois de février, mais les prix stagnent toujours. Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), syndicat patronal de l’immobilier, revient pour Radio Classique sur l’état du marché.

Alors que les taux des crédits immobiliers ont été multipliés par quatre au cours des deux dernières années, la BCE ne baisse toujours pas ses taux. « Aujourd’hui, il n’y a pas de signe certain d’embellissement du marché », estime Loïc Cantin au micro de François Geffrier.

« Sous réserve qu’il n’y ait pas de relance de l’inflation », les professionnels s’attendraient néanmoins à une baisse des taux directeurs au deuxième semestre 2024. Mais ils ne reviendront pas à leur niveau d’il y a deux ans, révèle Loïc Cantin, car ceux-ci auraient constitué une « exception historique ».

Une crise du logement généralisée

Le fait que les prêts aux ménages n’aient représenté que 10 milliards d’euros en janvier, contre environ 25 milliards avant la crise, est dû, pour le président de la FNAIM, à une crise généralisée. Plus qu’une simple crise immobilière, la France est en proie à une crise du logement qui s’en prend à « toutes les couches » du secteur : locatif social, locatif privé, accession à la propriété ou construction neuve.

Loïc Cantin observe un « petit effet de rattrapage » lié au léger assouplissement par le HCSF, organisme de régulation financière, des limites d’endettement imposées aux ménages. Il ne s’agit cependant pas d’un « redémarrage du marché », précise-t-il.

Une colère grandissante

Si une baisse des taux de crédit est essentielle pour « redonner de l’oxygène au marché », la sortie de crise dépendrait aussi d’une baisse des prix, « indispensable pour redonner leur pouvoir d’achat aux Français qui l’ont perdu avec ces hausses d’intérêt subites », indique Loïc Cantin.

Il note un « petit réveil » d’une partie des acheteurs, en réaction au fait que les banques aient « ouvert un petit peu le robinet » des crédits. « Certains acquéreurs sont revenus consulter les sites ou voir les agences », rapporte-t-il. Les plus pressés, cependant, « finissent par se résigner à accepter des prix plus chers ».

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Le marché locatif reste quant à lui un des plus touchés par la crise, car la baisse du nombre de ménages accédant à la propriété empêche de libérer des logements locatifs pour de plus jeunes ménages. Ce qui crée une pénurie, mais également une « colère grandissante » chez tous ceux qui cherchent à se loger.

Ella Couet

 

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