Immobilier : les locataires, victimes collatérales d’une crise qui empire et s’annonce durable

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On savait que la crise de l’immobilier avait fait diminuer les ventes de maisons et d’appartements. Mais le marché locatif connaît désormais aussi de grandes difficultés. L’offre de logements à louer se contracte partout en France, alors que la demande augmente dans le même temps.

Plus les mois passent et plus la crise du marché de l’immobilier s’étend et touche un large public. Dans un premier temps, la remontée des taux d’intérêts a pesé sur toutes les transactions qui ont mécaniquement diminué.

L’inflation et la flambée des coûts de construction ont ensuite pénalisé la vente dans le neuf. Aujourd’hui, il apparaît que, lorsque le marché se grippe sur les ventes, la location devient la victime collatérale.

Le marché de la location est en train de se tarir

Le mécanisme de transmission est assez simple à comprendre. Si les ménages ont du mal à vendre et à acheter leur logement, ils restent là où ils sont et le marché se fige. Ceux qui, auparavant, quittaient une location pour acheter, ne bougent pas : ainsi moins de biens sont mis en vente sur le marché locatif.

La crise du pouvoir d’achat freine également les ménages qui pourraient avoir envie de déménager dans un plus grand logement. Dans le même temps, la demande continue de progresser dans les villes, des zones très tendues, ce qui crée un déséquilibre.

Ainsi, le marché de la location fait face à une crise très grave. Dans les grands réseaux d’agences immobilières, il y a entre 15 et 35% d’annonces en moins. Le taux de rotation, c’est-à-dire le pourcentage de biens mis en location par rapport au marché total, ne cesse de reculer. La première conséquence négative est donc que le marché est en train de se tarir.

Une crise conjoncturelle s’ajoute à une crise structurelle

La deuxième est la suivante : si les prix ont tendance à baisser sur le marché de la vente, ils continuent en revanche à augmenter dans le segment de la location. La raison :  la demande reste bien plus forte que l’offre et la hausse des taux d’intérêt impacte peu la capacité de financement des locataires.

Cette crise s’annonce durable car une crise conjoncturelle est en train de s’ajouter à une crise structurelle. La situation s’aggrave sur un marché qui se tend déjà de plus en plus depuis des décennies.

Tout semble fait pour réduire l’offre locative

Les années qui viennent sont inquiétantes car il semble que tout est fait pour réduire l’offre. Les nouvelles contraintes en matière de rénovation thermique ou la lutte contre les passoires énergétiques sont des mesures pavées de bonnes intentions, mais poussent les propriétaires à vendre pour éviter d’avoir à financer des travaux.

Cela sort ainsi des appartements du marché locatif. Même chose pour les règles sur la zéro artificialisation des sols qui pèseront à terme sur la construction de nouveaux logements. Ajoutez à cela la fiscalité sur l’immobilier et le blocage des loyers dans les grandes villes, qui poussent les investisseurs à placer leur argent à d’autres endroits.

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Par ailleurs, la pierre a beaucoup perdu de son attrait avec la remontée des taux d’intérêts, la bonne tenue de la Bourse et la crise immobilière. La France n’aime pas les propriétaires, qui se savent mal aimés. Mais actuellement, les locataires en sont les victimes collatérales. Car s’il n’y a rien à louer, ce sont eux qui en pâtissent en premier…

David Barroux

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