Pour la première fois depuis 2015, l’année 2023 s’est achevée sur un recul des prix de l’immobilier ancien. Et ce recul devrait se poursuivre cette année.
Selon l’indice Meilleurs agents-Les Echos publié hier, le recul s’est établi à 1,8% l’an dernier, à 3.923 euros le m2 précisément. C’est une moyenne nationale, le recul étant plus prononcé dans les villes où le marché avait flambé précédemment : -5% à Paris, où l’on est retombé depuis l’été sous les 10.000 euros du m2, ou encore -8% à Nantes. Et attention, ce n’est sans doute que le début.
Les professionnels tablent sur une baisse des prix de 6% en moyenne cette année, qui gagnerait toutes les régions. Car les facteurs bloquants vont persister, avec des taux d’intérêt toujours au plus haut, même si un léger reflux est espéré au deuxième semestre.
L’accès au crédit va donc rester très compliqué. Si ces prévisions de marché se réalisent, les prix moyens resteraient 20% plus élevés qu’il y a dix ans. Mais ce serait toute de même une bonne nouvelle pour ceux qui aspirent à devenir propriétaire. Beaucoup de vendeurs rechignent néanmoins à baisser leurs prix.
Vendeurs et acheteurs campent sur leurs positions et le marché se fige
Les professionnels parlent d’une « guerre psychologique » qui s’instaure, entre des acheteurs qui réclament une plus forte décote, le coût des prêts étant bien plus élevé, et des vendeurs qui peinent à accepter la baisse des prix. Résultat, chacun campe sur ses positions et le marché se fige : le nombre de transactions a chuté de 25% l’an dernier.
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A 875.000 ventes, cela reste un niveau relativement élevé, mais on pourrait tomber sous les 800.000 cette année. Il y a un segment en revanche où la baisse des prix est bien plus rapide, c’est celui des passoires thermiques. Les propriétaires de logements classés F et G acceptent d’adapter leurs tarifs sans trop discuter, car ils savent que la conjoncture ne risque pas de s’arranger avec le durcissement réglementaire à venir.
Etienne Lefebvre
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