Exploration spatiale : « la voix de l’Europe compte sur la table des négociations » estime la spationaute Claudie Haigneré

MPP/SIPA

De nombreux pays dans le monde mènent des projets visant à retourner sur le satellite de la Terre. Claudie Haigneré, première femme française à être allée dans l’espace, estime que de nombreux problèmes de l’humanité sur la Terre pourront être résolus grâce aux recherches effectuées sur la Lune.

Etats-Unis, Chine, Inde, Emirats arabes unis ou encore Israël.. tous ces pays participent de manière plus ou moins directe à des projets de mission visant à retourner sur la Lune, un satellite qui suscite encore « émerveillement et fascination » pour les humains.

L’Union Européenne est également un acteur important de la recherche spatiale, mais est apparue divisée ces derniers temps, notamment sur son programme Ariane 6 : un audit avait été organisé lors d’un sommet à Séville, le 6 novembre, pour parvenir à un accord pour assurer l’exploitation du futur lanceur.

Pour la spationaute Claudie Haigneré, « la voix de l’Europe compte sur la table des négociations, si elle est présente dans une dimension d’exploration ». L’objectif pour l’UE est « d’être véritablement un partenaire qui compte, car il y a également des enjeux juridiques et de régulation » à prendre en considération.

Retourner sur la Lune pour préparer des missions sur Mars

L’ancienne ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies rappelle l’implication de l’Europe dans de nombreux partenariats spatiaux. Par exemple, le module de service de la capsule Horion, qui emmènera des équipages dans l’orbite de la Lune fin 2024 dans le cadre du programme américain Artemis, est « de fabrication européenne ».

« Qu’est-ce que l’on va faire concrètement sur la Lune ? » demande David Abiker à son invitée. Les objectifs principaux des différents programmes visant à retourner sur le satellite terrestre sont liés à la « recherche scientifique » rappelle Claudie Haigneré.

Même si se rendre sur Mars est encore un projet très lointain, « il faut préparer la suite » explique la spationaute. « On a besoin d’une plateforme d’apprentissage, c’est donc un passage obligé d’être sur la Lune ».

La sensation d’apesanteur, « un moment magique »

Au-delà de ces enjeux de démonstration de la capacité de l’Homme à explorer toujours plus l’espace, de nombreux problèmes de l’humanité sur la Terre pourront être résolus grâce aux recherches effectuées sur la Lune, dont le but premier est de faire vivre et travailler des équipages sur la surface de ce satellite.

« Penser l’économie circulaire, la sobriété, la bonne utilisation de ressources finies et limitées » : ce sont des enjeux clés de la lutte contre le réchauffement climatique, qui met en danger la survie même de l’espèce humaine. « Ce que l’on va proposer comme innovations pour cet environnement hostile [la Lune], sera très important pour nos enjeux terrestres d’aujourd’hui ».

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A la fin de l’entretien, l’invitée de David Abiker se remémore, avec comme fond musical la célèbre Casta Diva chantée par Maria Callas, ses premières sensations en apesanteur le 17 août 1996. « On se dégage presque de son corps, on devient un regard plongé dans un hublot, qui regarde une Terre somptueuse et magnifique. C’est un moment magique, qui vous fait accéder à un niveau de contemplation que je qualifierais d’extraterrestre… ».

Paul Cassedanne

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