« On va se prendre une veste » : A l’approche des Européennes, l’angoisse monte en Macronie

UGO AMEZ/SIPA

Les élections européennes auront lieu le 9 juin, dans 6 mois presque jour pour jour. On sent l’anxiété monter dans les rangs macronistes. 

C’est en particulier de l’Assemblée nationale que fusent les critiques à l’encontre du parti Renaissance et de son chef Stéphane Séjourné. « On va se prendre une veste », nous dit par exemple une députée. Un autre s’inquiète de voir que RN et Reconquête ont déjà désigné leur tête de liste alors que le camp Macron compte les ballons d’essai depuis plusieurs mois.

A la rumeur Bruno Le Maire a succédé celle de Thierry Breton, et même celle de la Première ministre Elisabeth Borne, toutes démenties par les intéressés. Stéphane Séjourné, actuel président du groupe Renew au Parlement européen, a fini par faire connaître sa motivation dans une newsletter confidentielle. L’idée est de toucher le microcosme politique sans que ses propos ne prennent non plus l’allure d’une réelle déclaration de candidature devant le grand public.

Le RN creuse l’écart dans les sondages

Il n’y a donc pour l’instant pas de chef de file clairement désigné, ce qui complique les difficiles négociations pour la composition de la liste elle-même, sur laquelle il faudra faire de la place pour Renaissance, le Modem, Horizons, les Radicaux, et même sans doute le parti centriste d’Hervé Marseille, l’UDI.

Pendant ce temps-là, Jordan Bardella creuse l’écart dans les sondages. Le RN a aujourd’hui 10 points d’avance sur les macronistes. Or, en politique, certains retards peuvent devenir irrattrapables.

Les macronistes veulent tourner la page de la loi immigration

Stéphane Séjourné s’est directement adressé aux députés la semaine dernière lors d’une réunion politique interne à l’Assemblée nationale. Le patron du parti les a exhortés à faire en sorte que le calendrier du vote sur le projet de loi immigration soit le plus rapide possible.

« Il n’est pas question de lancer la campagne des Européennes tant que le débat sur l’immigration n’est pas derrière nous », précise un stratège interne, car il y a un risque de motion de censure et donc potentiellement de chute du gouvernement. Le parti, agacé d’être pointé du doigt, nous promet que la campagne commencera à la minute où la page immigration aura été tournée.

Emmanuel Macron symboliquement tête de liste

On prend aussi soin de nous faire savoir que des salles sont déjà réservées pour les meetings l’année prochaine et que la Commission d’investiture qui étudiera la composition de la liste se réunira pour la première fois le 21 décembre prochain. Tout est prêt en somme, sauf la tête de liste, comme souvent. La Macronie attend la décision d’Emmanuel Macron.

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L’un de ses proches nous explique pourquoi le président ne se précipite pas. Il a prévu de s’impliquer personnellement dans la campagne comme en 2019 donc, au fond, à ses yeux comme à ceux des Français, symboliquement, la tête de liste, ce sera lui.

David Doukhan

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