Européennes 2024 : Renaissance cherche désespérément sa tête de liste

TARDIVON JEAN CHRISTOPHE/SIPA

Le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton a déclaré ce jeudi dans Le Figaro ne pas être candidat au poste de tête de liste aux élections européennes en juin 2024. Ce n’est pas le premier nom qui est exclu pour la responsabilité de chef de file du parti Renaissance. Des hésitations qui montrent la difficulté à trouver une tête d’affiche au sein du parti présidentiel.

Les élections européennes auront lieu dans plus de six mois et l’opinion n’est pour le moment pas du tout dans cette campagne. Pourtant, la question d’une potentielle difficulté pour la majorité à trouver sa tête de liste se pose déjà.

Il s’agit d’un enjeu majeur car les européennes seront le grand scrutin national de mi-mandat, qui aura donc valeur de test « grandeur nature ». Si le Rassemblement national et la majorité avaient fini dans un mouchoir de poche il y a cinq ans, le RN a cette fois-ci dans les sondages quelques 10 points d’avance.

Jordan Bardella, qui débutait sa carrière politique en 2019, est aujourd’hui le patron du parti lepéniste et jouit d’une très bonne image dans l’opinion publique. Il y a donc un très gros retard à combler pour les macronistes : d’où l’importance de trouver une bonne tête de liste.

De nombreux noms déjà exclus

Jusqu’à maintenant, de nombreux noms été cités : Elisabeth Borne, Bruno Le Maire, Thierry Breton… tous ont refusé de candidater. Mais ces personnages politiques ont souvent été évoqués pour des raisons plutôt étrangères à l’objectif européen lui-même. Certains parlent de Bruno Le Maire pour éloigner le ministre de l’Economie de la scène nationale, et donc de la prochaine élection présidentielle.

D’autres ont évoqué Elisabeth Borne uniquement pour qu’elle quitte Matignon et permettre à Emmanuel Macron de lancer une nouvelle étape de son quinquennat, avec un nouveau Premier ministre, comme Julien Denormandie ou Sébastien Lecornu.

Quant à Thierry Breton, aujourd’hui commissaire européen, il déclare dans Le Figaro ne pas être « candidat à la candidature ». Pourtant, ceux qui le connaissent bien affirment qu’être tête de liste pourrait en fait l’intéresser. Dire « je ne suis pas candidat » ne voudrait donc pas dire « je n’en ai pas envie » mais « venez me chercher ».

Le credo européen est uniquement dans les mots

D’autres noms sont envisageables, comme Clément Beaune, mais ce dernier préférerait une promotion nationale. Il reste donc Stéphane Séjourné : député européen sortant mais aussi délégué général de Renaissance. Gérer la tête du parti en plus de la tête de liste peut être complexe, même si c’est le cas de Jordan Bardella.

Les hésitations du moment signifient deux choses. Premièrement il y a un problème de tête d’affiche dans la macronie. Deuxièmement, Renaissance se dit le plus européen de tous les partis et martèle que la réponse aux grands défis ne peut se faire qu’à l’échelle du Vieux Continent. Mais en réalité, tout le monde préfère une carrière franco-française au moment où des choix personnels doivent être faits. Le credo européen ne se retrouve que dans les mots.

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La conclusion qui se profile est la suivante : Emmanuel Macron choisira seul la tête de liste, probablement Stéphane Séjourné. C’est le président de la République qui portera seul la campagne dans la dernière ligne droite et jouera le match avec le Rassemblement National.

Guillaume Tabard

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