Entre fascination, mise en pratique et inquiétude, la classe politique française s’est elle aussi emparée de ChatGPT, ce robot conversationnel alimenté par l’IA lancé il y a un an. Oui, nos élus ont bel et bien déjà leurs petites habitudes avec l’intelligence artificielle.
Il y a quelques mois, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a demandé à ChatGPT d’analyser les deux versions d’un discours de rentrée prononcé à Valence (Drôme).
L’intelligence artificielle a pu déterminer laquelle était la plus performante : heureusement, le robot a choisi celle qui avait aussi les faveurs des conseillers humains de Laurent Wauquiez.
Au-delà de l’anecdote, l’homme politique a livré sa conviction sur ChatGPT : « c’est un devoir absolu de s’y intéresser » confie-t-il, évoquant les conséquences potentielles sur la société et le marché de l’emploi.
« Albert », un logiciel de traitement des questions des usagers
L’administration centrale s’est également emparée de l’intelligence artificielle. Stanislas Guérini a récemment présenté « Albert ». Il ne s’agit pas d’un vieil ami du ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques, mais d’un logiciel créé par l’Etat pour traiter les questions en ligne des usagers.
Certes, un agent en chair et en os a toujours un œil sur la réponse apportée, mais une phase d’expérimentation est en cours, comme à la CAF (Caisse d’allocations familiales) ou à la Caisse nationale d’assurance vieillesse.
La région Ile-de-France planche aussi sur un robot conversationnel permettant aux citoyens de connaître les subventions disponibles ou sur un outil d’optimisation des ressources allouées aux cantines afin d’éviter le gaspillage.
ChatGPT, ou « Robotspierre »
Enfin, l’IA a fait son entrée à l’Assemblée nationale. Les Insoumis ont pris l’habitude de faire rédiger certains de leurs amendements par l’intelligence artificielle avant, rassurez-vous, d’y jeter un œil.
Ils s’en servent également pour faire des résumés de vidéos ou des travaux de recherche, à tel point qu’ils ont surnommé ChatGPT « Robotspierre », en hommage à cette figure révolutionnaire qui les fascine tant.
Chacun peut créer un objet viral dévastateur sur les réseaux sociaux
En avril dernier, le député du PS (Parti Socialiste) Hervé Solignac avait interrogé le gouvernement dans l’hémicycle sur les dangers de ChatGPT et avait fait intégralement rédiger sa question par… ChatGPT.
Le monde politique oscille entre fascination et inquiétude. Olivier Véran, chargé du renouveau démocratique au sein du gouvernement, plaide pour l’instauration d’une régulation, voire d’une interdiction de l’intelligence artificielle générative pendant les six mois précédant une élection.
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Cette IA générative est un outil permettant de générer des vidéos « fake » en un rien de temps, faisant dire n’importe quoi à n’importe quel responsable politique. Elle laisse la capacité à chacun de créer un objet viral dévastateur sur les réseaux sociaux. La classe politique s’est emparée de l’outil en lui-même comme du sujet politique. La démocratie peut en ressortir gagnante, avec un peu plus d’intelligence et un peu moins d’artificiel.
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