Voiture électrique : pourquoi les concurrents Renault et Volkswagen envisagent de collaborer

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Les groupes automobiles français et allemand Renault et Volkswagen ont confirmé hier qu’ils envisageaient de collaborer pour concevoir et fabriquer ensemble une nouvelle petite voiture électrique. Les deux constructeurs pourraient s’associer dans l’optique de contrer les voitures chinoises.

Cela peut surprendre de voir deux entreprises concurrentes collaborer. Si les groupes français et allemand travaillent ensemble, cela veut dire que leurs voitures risquent de se ressembler beaucoup. Ils auront surtout a priori les mêmes coûts de production et seront obligés de vendre plus ou moins au même prix des voitures similaires. Ainsi, il n’est pas évident de se démarquer et de faire mieux qu’un rival.

En réalité, la pratique annoncée vendredi dernier est relativement habituelle, particulièrement au sein d’une alliance ou d’un groupe intégré. Volkswagen possède par exemple de nombreuses marques, ce qui induit une forte mutualisation entre sa marque principale, une Skoda, une Audi ou encore une Porsche.

Des exemples de mutualisation nombreux

Renault, Nissan et Mitsubishi ayant un actionnariat croisé, ils l’ont également beaucoup fait. Mais cela arrive aussi entre concurrents : Renault et Mercedes ont par exemple déjà collaboré dans le passé. Entre la Twingo du premier et la Smart du second, ils ont partagé des pièces et une plateforme.

Renault a aussi fourni des Kangoo à Mercedes qui se contentait d’inscrire son logo à la place du losange. Dernier exemple : Toyota et Peugeot-Citroën ont fabriqué pendant 20 ans dans la même usine tchèque des Aygo, des 108 et des C1.

Une telle pratique s’explique par la volonté de générer des économies d’échelle, qui consistent à partager l’investissement dans le développement en amont. En mutualisant l’outil industriel, les entreprises partagent en aval ce que l’on appelle le « capex », autrement dit les dépenses d’investissement : cela permet de produire à moindre coût par rapport aux concurrents.

Une collaboration qui a du sens pour des petits véhicules électriques

Dans le cas de la potentielle collaboration entre Renault et Volkswagen pour la commercialisation d’une petite voiture électrique, la pratique a aussi du sens. En général, les constructeurs ne se tendent pas vraiment la main sur le secteur du haut de gamme, le segment le plus rentable.

Mais les voitures au petit gabarit constituent le marché le plus compliqué. Les normes en termes de pollution ou de sécurité sont pratiquement aussi élevées que celles imposées aux gros véhicules. Il y a de nombreuses contraintes et l’on ne peut pas se permettre de vendre très cher.

La future Twingo électrique que Renault pourrait décliner avec Volkswagen sera vendue moins de 20 000 euros. Il est donc pertinent de mutualiser car pour des raisons d’offre commerciale, il est important de proposer toute une gamme à un client habituel ou potentiel. Il risque sinon d’aller voir ailleurs.

Coopérer pour créer un marché massif de l’électrique

Il y a en plus un aspect stratégique sur les petites voitures à batterie. Le marché de l’électrique a d’abord été tiré par le haut de gamme, à l’image des modèles produits par Tesla.

Mais pour aboutir à un marché de masse, il va être nécessaire de convaincre les conducteurs qu’il faut rouler dans des voitures au format réduit avec des petites batteries à l’autonomie limitée.

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Le marché décollera lorsque des petites voitures du quotidien au tarif raisonnable deviendront accessibles au plus grand nombre. Pour remporter cette bataille, il vaut mieux avoir des alliés.

David Barroux

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