Nouvelle Twingo, filiale Ampere dédiée à l’électrique : Renault se « réinvente » selon son DG Luca de Meo

ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Pour la première fois en septembre, les ventes de véhicules électriques ont atteint 19% des nouvelles immatriculations. Une accélération dont le groupe Renault prend la mesure avec la création récente d’une filiale 100% électrique baptisée Ampere. L’objectif : « réinventer la marque Renault », selon son directeur général Luca de Meo, invité des « Voix de l’économie » ce jeudi.

Rendre la voiture électrique accessible, esthétique et adaptée à la conduite en milieu urbain : c’est la promesse de la prochaine Twingo qui sera vendue à moins de 20 000 euros et reviendra au concept originel de la « micro-citadine ».

Les batteries étant devenues plus compactes et leur technologie ayant évolué, le directeur général de Renault estime que la marque a pu relever le défi de « faire une voiture parfaite pour la ville ». Une proposition qui témoigne de la volonté du groupe de ne « pas mélanger les genres ». Luca de Meo souligne que la dégradation de la qualité de l’air est un « problème très urbain » : « il n’y a pas d’autre solution que de faire tourner des petites voitures électriques » dans cet espace.

Pour rendre le 100% électrique encore plus accessible à des ménages modestes, des débats sont en cours sur la possibilité d’intégrer les prochaines Twingo et R5 de Renault à la nouvelle offre de « leasing » social préparée par le gouvernement : une proposition permettant de louer une voiture électrique pour 100 euros par mois.

Renault prévoit 7 nouveaux véhicules électriques dans les prochaines années

Renault a récemment dévoilé la création d’une nouvelle filiale, Ampere, dédiée à la commercialisation de voitures électriques. Cette annonce s’inscrit dans le projet de long terme du groupe depuis plusieurs années de « se réinventer » : c’est ce qu’affirmait déjà son directeur général en 2021. Luca de Meo parle aujourd’hui de « Renaulution » : un plan stratégique d’envergure dont l’un des piliers est la transition vers le 100% électrique.

7 véhicules électriques de la marque Renault sont attendus au total dans les prochaines années pour répondre à l’accélération du secteur et à l’interdiction à partir de 2035 de la vente de voitures thermiques neuves dans l’Union européenne.

Pour le directeur général de Renault, le groupe n’a pas d’autre choix que de « respecter les règles » et doit donc dès maintenant « créer les conditions » pour que Renault soit une marque 100% électrique « 4-5 ans en avance par rapport à l’échéance ».

« On est en train de construire des téléphones portables sur roues »

Luca de Meo est un patron qui ne mâche pas ses mots : « On a la réponse la plus ambitieuse de l’industrie automobile européenne aux défis qui arrivent de l’est et de l’ouest », et cela passe selon lui par des innovations.

Avec la création de la filiale Ampere, « on a l’opportunité de faire des voitures intelligentes, qui apprennent tous les jours et sont hyper connectées. On est en train de construire des téléphones portables sur roues » insiste Luca de Meo. L’objectif affiché de ce Tesla à la française est clair : être coté en bourse au printemps 2024 et ainsi s’ouvrir à d’autres actionnaires que Renault.

La voiture électrique, « un truc de pays riches »

Le DG du géant français de l’automobile tient à rappeler que le débat sur le 100% électrique est avant tout européen. « Même les Chinois, qui sont très forts et ont toutes les infrastructures, ne se posent pas la question d’arriver à 100% de voitures électriques. Cela ne sera pas le cas pour les Américains non plus ».

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Si Luca de Meo pense que la voiture électrique « fait partie du futur », il souligne l’importance d’être pragmatique à plus large échelle : « Aujourd’hui, il y a environ 2 milliards de voitures thermiques qui roulent sur la planète. Si l’on ne traite pas ce parc automobile, on ne verra pas d’effets ! Donc c’est un truc de pays riches ».

Paul Cassedanne

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