Automobile : L’incroyable essor de la voiture électrique se confirme

Jeppe Gustafsson/Shutterstock/SIPA

L’Agence internationale de l’énergie vient de publier un rapport qui réserve plusieurs surprises de taille concernant le marché automobile. La montée en puissance de la voiture électrique s’accélère très nettement et devrait atteindre les 18% cette année.

En 2020, il n’y a pas si longtemps, les ventes de l’électrique représentaient seulement 5% des ventes de voitures neuves dans le monde. L’an dernier, ce chiffre s’élevait déjà à 14%, et cette année, il devrait atteindre les 18%.

Presque un véhicule sur 5 roulera grâce à une batterie ou en format dit plug-in hybrid, c’est-à-dire avec une batterie qui fournit une cinquantaine de kilomètres d’autonomie. L’AIE estime que l’électrique représentera plus d’un tiers des ventes dans le monde dès 2030. On a donc passé un vrai cap.

La Chine et l’Europe sont les deux principaux marché de la voiture électrique

Il y a de la croissance sur tous les continents, mais pas dans tous les pays. Le marché est essentiellement tiré par deux moteurs. Le premier est la Chine, où l’on écoule déjà la moitié des voitures électriques vendues dans le monde, avec 5 millions d’unités l’an dernier.

L’Europe est également très dynamique. Aux Etats-Unis, la voiture électrique pèse deux fois moins en pourcentage, avec 8% des ventes. Mais sur ces trois marchés, il y a encore de vrais réservoirs de croissance à court terme. On atteindra peut-être ensuite un plateau. Dans le reste du monde, la croissance sera plus lente. Je ne suis pas de ceux qui croient que l’électrique va remplacer toutes les voitures à essence dans les années qui viennent.

Tesla est le haut de gamme de la voiture électrique

Mais alors, que faudrait-il pour que la croissance se poursuive ou s’accélère ? En Afrique, ou dans les pays où l’infrastructure électrique est faible, l’essence en a encore pour des années. Chez nous, il faut des bornes. Il faut que les batteries progressent et que les prix baissent. L’offre doit évoluer tout en étant capable de séduire les consommateurs. On a actuellement environ 500 modèles, c’est beaucoup. Mais on a surtout du haut de gamme avec Tesla, c’est-à-dire des voitures chères avec une autonomie importante, mais qui sont hors de prix pour la plupart des ménages.

Pour que les ventes franchissent un nouveau palier, il faut des petites voitures légères, avec des plus petites batteries qui coûtent cher. On doit donc proposer un meilleur rapport prix-autonomie. Pour ça, les constructeurs doivent résoudre une équation complexe : comment gagner de l’argent sur de petites voitures électriques vendues pas trop cher, et pas forcément made in China par des Chinois ?

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Le consommateur doit apprendre à se contenter d’une voiture urbaine pour le quotidien. On ne pourra pas tous posséder une grosse voiture pour, au final, ne faire que 4-5 fois par an un déplacement de plusieurs centaines de kilomètres. Cela demande qu’on fasse naître un nouveau rapport à l’automobile et au transport. Demain, on aura peut-être une voiture pour le quotidien et on louera plus de voitures pour les vacances par exemple.

David Barroux

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