Le gouvernement allemand vient d’annoncer 17 milliards d’euros d’économies pour éviter que le déficit budgétaire ne dérape l’an prochain. Cette cure d’austérité provoque une levée de boucliers outre-Rhin, un mois après que la Cour constitutionnelle a jugé des manœuvres budgétaires de l’exécutif « illégales ».
Avec les économies voulues par le gouvernement allemand, tout le monde ou presque est mis à contribution. Les ménages d’abord, qui vont voir le prix du carburant augmenter et leur facture de chauffage s’envoler pour cause de réduction du bouclier tarifaire sur l’énergie.
Les agriculteurs ensuite, qui vont perdre les avantages fiscaux accordés à leurs tracteurs et au gazole qu’ils consomment. Les entreprises, enfin, qui paieront plus cher l’électricité.
Même l’industrie reine, l’automobile, va devoir mettre la main à la poche pour compenser la fin de la prime à l’achat de véhicules électriques. Cela promet un début d’année agité pour le gouvernement Scholz.
Le gouvernement Scholz encore fragilisé
Les agriculteurs ont déjà promis des manifestations comme le pays n’en a encore jamais connu. Mais l’honneur est sauf. En dépit du trou creusé dans le budget par la décision surprise de la Cour constitutionnelle allemande du 15 novembre, la légendaire orthodoxie budgétaire de l’Allemagne n’aura pas à en souffrir.
La coalition au pouvoir à Berlin, qui n’était déjà pas très populaire, risque d’y laisser encore des plumes, même si la gestion au cordeau des comptes publics fait consensus en Allemagne.
Un avertissement que la France devrait entendre
Mais ce choix de la rigueur « quoi qu’il en coûte » aura aussi des conséquences à une plus large échelle, car il envoie un message aux autres capitales européennes. A l’heure où les règles budgétaires de l’UE viennent d’être légèrement assouplies, le gouvernement Scholz montre l’exemple.
En se serrant la ceinture sans état d’âme et en un temps record, il indique à ses partenaires que flexibilité ne doit pas rimer avec facilité.
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L’heure n’est pas à la complaisance. Un avertissement que l’on ferait bien d’entendre à Paris, alors que les revues des dépenses s’y succèdent depuis des années sans jamais dégager d’économies significatives.
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