La « maladie hollandaise », ou quand l’abondance en ressources naturelles devient une malédiction

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Connaissez-vous la « maladie hollandaise » ? Il s’agit du sort un peu triste des pays qui ont paradoxalement la chance d’avoir une ressource naturelle en abondance. C’est le cas des Pays-Bas, dont les stocks importants en gaz naturel ont pu inciter le gouvernement à une forme de paresse il y a plus d’un demi-siècle.

Dans les années 1960, les Pays-Bas disposaient de poches de gaz naturel conséquentes dans la mer du Nord. Un atout fondamental pour le pays, qui s’est mis à exploiter et exporter abondamment cette ressource.

Mais en réalité, avec l’expansion de ce secteur d’extraction, le pays s’est placé dans une situation assez difficile. Le développement exclusivement basé sur une ressource naturelle a en effet entraîné le déclin de son secteur manufacturier, l’exportation étant devenue plus simple et économique.

Les Pays-Bas ont même traversé une période de récession, malgré la hausse des prix de l’énergie, pendant laquelle tout allait mal : le chômage était élevé et la balance courante a viré au déficit.

La leçon à tirer du cas néerlandais est l’importance de diversifier son économie

Ce cas est intéressant à analyser puisque les Pays-Bas ne sont pas le seul pays dont la croissance a reposé sur l’exploitation des ressources naturelles. Certains états s’en sortent d’ailleurs très bien. Mais en réalité, l’exemple néerlandais nous enseigne que se reposer sur un tas d’or ou d’hydrocarbures pourrait inciter à une certaine forme de paresse.

Le problème réside dans le fait que, lorsque l’on se concentre sur l’exportation de ressources faciles à exploiter, le taux de change s’apprécie : c’est le mécanisme de la balance des paiements. Par la suite, la valeur des importations augmente : la facilité créée par l’abondance en richesses naturelles mène le gouvernement à renoncer à d’autres spécialisations qui auraient pu permettre une diversification de l’économie.

La première leçon à tirer du cas néerlandais est donc qu’il faut savoir conserver une certaine polyvalence car l’exploitation exclusive de ressources naturelles ne peut durer éternellement.

La Norvège a réussi à échapper à la « maladie hollandaise »

D’autre part, les fluctuations sur les marchés des matières premières accentuent encore plus les difficultés rencontrées. Une fois que le pays a été désindustrialisé par un trop-plein d’exportations, la réindustrialisation prend du temps.

Il existe de nombreux exemples de pays qui ont connu une telle situation, comme le Nigeria, qui possède beaucoup de pétrole. Les Pays-Bas, eux, ont fini par s’en sortir parce qu’ils ont su utiliser les ressources financières issues de l’exploitation du pétrole pour construire des institutions et une démocratie solides.

D’autres pays ont échappé à la malédiction, comme la Norvège, qui a thésaurisé tout l’argent issu de son abondance en ressources naturelles dans une gigantesque cagnotte, le fonds souverain norvégien, l’un des plus importants du monde. En économisant autant, le pays a mis de côté suffisamment pour financer les retraites de tous ses habitants pendant des générations. La Norvège a su lier une bonne gestion de ses ressources, la fondation d’institutions solides et la diversification nécessaire de son économie, notamment dans la transition écologique.

Un impératif pour la stabilité à long terme de toutes les économies

Ces facteurs font partie d’une théorie qui a émergé à la fin des années 1970, et qui vaut pour l’ensemble des matières premières, aussi bien dans le domaine agricole que pour les hydrocarbures, véritables mannes financières.

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Il s’agit en tout cas d’un contexte qu’il faut bien garder en tête car les pays aujourd’hui exclusivement axés sur des ressources minières, pétrolières ou gazières, doivent voir qu’il y a aussi un impératif pour la stabilité à long terme de leurs économies, au-delà de la baisse nécessaire des émissions de CO2.

Natacha Valla

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