Environnement : Les émissions de CO2 ont baissé en Europe en 2022, et c’est une surprise

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Alors que la crise de l’énergie faisait craindre une forte dégradation des rejets de dioxyde de carbone du Vieux continent, c’est l’inverse qui s’est produit. Les émissions de CO2 ont baissé de 2,8% en Europe l’an dernier. Personne ne s’y attendait.

Quand, au début de l’hiver dernier, les Européens ont fait feu de tout bois pour compenser l’absence de gaz et de pétrole russe, il n’y avait pas grand monde pour parier là-dessus en tout cas. A l’époque, on peut même dire que le respect des engagements climatiques était le cadet des soucis des Etats européens face au risque bien réel d’un black-out général.

Huit mois plus tard, la catastrophe annoncée n’a pas eu lieu. Et c’est tant mieux. Mais attention de ne pas tirer des conclusions trop hâtives. Ce résultat encourageant est lié pour l’essentiel à deux raisons : un hiver moins rigoureux que redouté, qui a limité les besoins en énergie, et les efforts de sobriété consentis dans de nombreux pays, à commencer par la France.

La part des rejets provoqués par le charbon a augmenté de 3%

Ces deux facteurs sont sans doute temporaires, et on peut craindre que ce ne soit pas reproductible cette année et les suivantes. Il est en effet difficile de maîtriser l’évolution des températures. Et s’il semble bien que la sobriété commence à s’enraciner dans les usages, ses effets sont dopés par le surplace actuel de l’économie.

Le retour de la croissance provoquera forcément un rebond des émissions de gaz à effet de serre. D’autant qu’avec l’embargo sur le gaz russe, le mix énergétique de l’Europe s’est dégradé l’an dernier. La part des rejets provoqués par l’utilisation du charbon a ainsi augmenté de trois points de pourcentage.

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Il va donc falloir accélérer encore le développement des énergies décarbonées pour tenir les objectifs de l’accord de Paris. Et si la France est plutôt bien placée dans cette course, grâce au nucléaire, l’Allemagne elle a du pain sur la planche.

La première économie européenne compte en effet pour un quart des émissions du continent. C’est plus du double de la part française, alors que la différence de PIB est d’un tiers environ seulement entre les deux pays. Un écart qui explique peut-être les réticences de Berlin à reconnaître l’atome comme une énergie verte au niveau européen.

François Vidal

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