« Un torrent de sympathie pour Israël » : pourquoi l’Inde soutient l’Etat hébreu

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Le conflit israélo-palestinien provoque des ondes de choc de plus en plus lointaines voire inattendues, et l’une d’entre elles concerne l’Inde. On découvre la proximité entre New Delhi et Jérusalem, liée à de nombreux points communs dans l’histoire des deux Etats.

Après avoir connu la colonisation britannique, l’Inde et Israël ont conquis leur indépendance à un an d’écart, respectivement en 1947 et en 1948. Les deux nations sont nées au prix d’une partition territoriale sanglante et elles ont maintenu, en dépit des conflits, un régime démocratique.

Ensuite, il existe dans les deux cas une sensibilité extrême aux menaces en provenance du monde islamique, car l’Inde, déjà bordée par le Pakistan et le Bangladesh, comporte de surcroît une minorité musulmane très conséquente d’environ 185 millions d’âmes, ce qui fait d’elle le troisième pays musulman du monde après l’Indonésie et le Pakistan tant honni.

On a donc effacé les divergences avec Israël… L’Inde jouait le rôle de chef de file du tiers-monde, à la tête du mouvement des pays non-alignés, et identifiait l’État hébreu comme faisant partie intégrante du bloc occidental. New Delhi a même été la première capitale non-arabe à reconnaître l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Mais après la vague de terrorisme islamiste qui a frappé l’Inde de 2004 à 2014, tout a changé et une nouvelle donne est apparue de part et d’autre.

Israël se tourne vers l’axe Asie-Pacifique

Pour l’Inde, se rapprocher d’Israël correspond à une redéfinition stratégique majeure. La fin des deux blocs est-ouest a été concomitante avec l’émergence du nationalisme hindou, censé propulser une appartenance conquérante.

Cet ethnonationalisme a constitué la base d’un nouveau récit national, qui a rencontré de nouveaux points communs avec Israël : deux peuples très anciens, qui fusionnent identité nationale et identité religieuse. Pour Israël, nouer des relations plus étroites avec un pays qui est en soi un continent revient à sortir de son isolement par la grande porte en se tournant résolument vers l’axe Asie-Pacifique.

L’Inde, premier marché d’exportations militaires israéliennes

Le maître d’œuvre de ce repositionnement n’est autre que l’ultranationaliste Narendra Modi, l’actuel Premier ministre indien. Il a effectué, en 2017, le premier voyage d’un dirigeant indien en Israël. Depuis, le commerce bilatéral a été multiplié par deux en cinq ans, pour atteindre 10,7 milliards de dollars en 2022. Par-dessus tout, l’Inde représente le premier marché d’exportations militaires israéliennes, avec 8,3 milliards de dollars.

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Conséquence : un vrai torrent de sympathie pour Israël dévale des écrans de télévision. Le BJP, le parti ultra-hindouiste de Narendra Modi, procède à une intense propagande qui dénonce les abominations commises par le Hamas. En vérité, les leaders hindouistes ont fait des djihadistes palestiniens une réincarnation des islamistes pakistanais.

Christian Makarian

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