Attaque du Hamas en Israël : « Nous ressentons plus de la colère que de la peur »

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Comment vivent désormais les Israéliens, après l’attaque terroriste du Hamas ? Pierre Besnainou, président d’honneur de la Fondation du Judaïsme Français, qui vit en Israël depuis 10 ans, était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mardi. Il évoque la « colère » qui étreint la population israélienne.

L’attaque du Hamas a fait plus de 900 morts et 2.616 blessés israéliens depuis le début de l’offensive, selon un bilan du ministère israélien de la Santé. Tsahal assure avoir recensé « environ 1500 corps » de combattants du Hamas sur son territoire alors que les autorités locales palestiniennes déplorent de leur côté 687 morts et 3.727 blessés.

Si la vie en Israël est régulièrement émaillée de situations de tensions, comme l’explique Pierre Besnainou, « elles ne sont – heureusement – jamais à ce niveau ». « Personne n’imaginait une attaque d’une telle ampleur ».

« Un seul mot d’ordre : l’unité »

Quel est l’état d’esprit de la population après ce 11-septembre israélien ? A-t-elle peur ? « Peur, non. En colère, oui », résume l’invité de David Abiker. Pierre Besnainou évoque « la violence de ce terrorisme islamiste, qu’on ressent en tant que juif et Israélien. Aujourd’hui, on ressent plus de la révolte que de la peur ».

D’autant, poursuit le président d’honneur de la Fondation du Judaïsme français, que les sociétés occidentales n’ont pas toujours pris la mesure de l’ampleur de ce terrorisme islamiste : « Je me souviens qu’à Toulouse en 2012, Mohammed Merah [qui a assassiné 7 personnes dont 3 enfants juifs] était considéré comme un loup solitaire. Mais nous avions dit à l’époque qu’un mouvement de terrorisme islamiste allait s’amplifier ». Il rappelle également cet évènement tragique survenu en 1974 à Maalot au nord d’Israël : le massacre de 31 enfants dans une école par des terroristes.

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En Israël « il y a aujourd’hui un mot d’ordre : l’unité », analyse Pierre Besnainou. Il estime que c’est « le temps du militaire », et que celui de la politique n’est pas encore venu. « Le seul sujet qui compte est de sécuriser le territoire israélien ». Les autorités redoutent notamment une participation au conflit du Hezbollah, depuis le nord d’Israël, beaucoup mieux équipé militairement. « Le deuxième temps, fondamental, est celui des otages » : plus de 130 personnes seraient détenues par le Hamas et le Jihad islamique. « Ensuite viendra le temps de la vengeance contre ces barbares ».

Béatrice Mouedine

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