Bachar El-Assad vient d’achever sa visite officielle en Chine, où il a rencontré Xi Jinping, qui a multiplié les amabilités à son égard. Le régime tortionnaire de Damas s’est trouvé un nouveau protecteur.
Depuis l’atroce guerre civile syrienne déclenchée en 2011, qui a fait plus de 300.000 morts, le régime syrien a repris le contrôle des deux tiers du territoire mais il vit entièrement sous perfusion. La Russie a permis à Bachar el-Assad d’écraser les rebelles sous les bombes, et l’Iran fournit à Assad des supplétifs qui font régner la terreur.
Le pays a subi des destructions épouvantables et tout est à reconstruire, alors que les caisses sont vides. Le salaire quotidien moyen en Syrie est de moins de 20 dollars. Dans les villes, il n’y a souvent pas plus d’une heure d’électricité par jour. L’armée est exsangue.
La Syrie importe de Russie 70% du blé qu’elle consomme
Alors que la Russie pourrait aider la Syrie, le Kremlin a exigé d’être payé par les Syriens en échange de son soutien militaire ! Et les Russes se servent sur place en faisant main basse sur les ports ou les maigres ressources pétrolières. Au lieu d’être aidée, la Syrie importe de Russie 70 % du blé qu’elle consomme, ce qui fait monter le prix du pain dans un pays déjà ravagé.
Mais la Russie – aussi – est maintenant à sec à cause de la guerre en Ukraine, d’où le recours du régime syrien à la Chine. Damas a rejoint en 2022 l’initiative des « nouvelles routes de la soie », par laquelle Pékin dessine un réseau mondial d’infrastructures. Mais la Chine peut difficilement espérer un retour sur investissement dans un pays dépourvu pour l’essentiel de ressources naturelles.
Assad met son avenir dans les mains de la Chine
En fait, Xi Jinping fait un placement stratégique. Etant donné la position très centrale qu’occupe la Syrie au Moyen-Orient, il espère à terme enlever aux Etats-Unis l’hégémonie dont ils disposent dans cette région.
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Dans ce contexte, on s’aperçoit que Bachar el-Assad a rompu l’isolement de son pays en peu de temps, mais ce n’est qu’en apparence. En mai dernier, sous l’égide de l’Arabie Saoudite, la Syrie a pu réintégrer la Ligue arabe. Des rapprochements sont en cours avec la Turquie, qui avait pourtant juré la perte du dictateur syrien, et avec les Emirats Arabes Unis. Mais, en réalité, au terme des 5 jours qu’il vient de passer à Pékin, Assad vient d’offrir la terre qu’il a ruinée à un géant qui ne peut que l’asservir davantage.