Elle choque l’ONU et Elton John : Suella Braverman, la ministre britannique qui dérange

Kevin Wolf/AP/SIPA

Remettre en cause le droit d’asile tout en heurtant la sensibilité LGBTQ+ ? C’est ce qu’a réussi à faire la ministre de l’Intérieur britannique, Suella Braverman. Son discours prononcé à Washington a suscité un tollé.

Suella Braverman s’exprimait devant l’American Enterprise Institute, un centre de réflexion de centre-droit basé à Washington. La très droitiste ministre de l’Intérieur de sa Majesté Charles III a ouvertement critiqué la Convention de Genève, qui date de 1951 et qui définit le statut de réfugié. Elle a estimé qu’il convient de se demander « si la Convention est encore adaptée ou si elle a besoin d’être réformée ». Un véritable pavé dans la mare.

Suella Braverman a cru bon d’ajouter quelques autres considérations : « Aucune personne entrant au Royaume-Uni par bateau depuis la France ne fuit un péril imminent », « Le multiculturalisme est un échec. Nous ne pourrons pas maintenir un asile si le simple fait d’être homosexuel ou femme, et si le fait de craindre la discrimination, suffit ».

Elton John l’accuse de légitimer la haine à l’encontre des homosexuels

Le HCR, agence de l’ONU pour la protection des réfugiés, a aussitôt protesté, et Elton John, sur Instagram, s’est déclaré « très inquiet » car cela risque, selon lui, de légitimer davantage la haine et la violence à l’encontre des communautés LGBTQ+.

Sue-Ellen Cassinna Braverman est née de deux parents indiens qui ont émigré en Grande-Bretagne dans les années 60. Son père, catholique, est né à Goa, tandis que sa mère, hindoue, est née à l’île Maurice. Suella quant à elle s’est convertie au bouddhisme. Elue aux Communes en 2015 sous l’étiquette des Conservateurs, adepte du Brexit, elle est nommée en 2022 Home Secretary – ministre de l’Intérieur – puis reconduite par l’actuel Premier ministre, d’origine indienne, Rishi Sunak, qui lui est hindouiste.

Entre Suella et Charles III, un des deux devra s’incliner

Elle justifie ainsi ses positions : « Ce n’est pas une trahison de l’histoire de mes parents que de penser que l’immigration doit être contrôlée ». Mais il y a une contradiction encore plus flagrante ; Suella Braverman est en porte-à-faux avec Charles III. Le roi est sensible au multiculturalisme, comme il l’a prouvé lors de son couronnement, très multiconfessionnel.

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En 2022, Charles avait jugé « consternant » le projet du gouvernement britannique de renvoyer au Rwanda arrivés illégalement au Royaume-Uni. Entre Suella et Charles, l’un des deux va devoir s’incliner ; parions sur la monarchie, qui a plus d’ancienneté.

Christian Makarian

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