Guerre en Israël : La réaction de LFI, une preuve de l’existence d’un courant islamo-gauchiste ?

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Les réactions des Insoumis à l’attaque du Hamas contre Israël ont été dénoncées, y compris à gauche. Les amis de Jean-Luc Mélenchon ont franchi une ligne rouge, car aucun d’entre eux n’a formulé la moindre condamnation de l’attaque terroriste en tant que telle.

Une ligne rouge a été franchie, bien que Jean-Luc Mélenchon prétende s’inscrire dans la continuité de la position française : la défense des droits des populations palestiniennes et la condamnation des rigueurs excessives de la politique israélienne à leur endroit.

Mais de quoi parle-t-on ici ? D’une attaque terroriste d’une organisation terroriste, le Hamas, contre des civils israéliens. Ça n’a rien avoir avec un conflit militaire « classique » entre deux Etats en guerre. Et c’est là que les Insoumis ont franchi une ligne rouge.

De Mélenchon à Louis Boyard, tous ont au contraire dit ou sous-entendu que, par son attitude envers les Palestiniens, Israël l’avait bien cherché, qu’il ne faisait que récolter ce qu’il avait semé. Dans tout conflit, on peut chercher à en expliquer les causes, les responsabilités directes ou indirectes. Mais être incapable de condamner un acte terroriste que certains comparent à un 11-septembre sur le sol israélien, oui, c’est hallucinant. Et condamnable.

LFI traversée par un courant islamo-gauchiste ?

Cette réaction, au mieux de renvoi dos-à-dos du Hamas et d’Israël , au pire de rejet sur Israël de la responsabilité de ces attaques, est tout sauf surprenante. On parle souvent d’islamo-gauchisme et certains voient sous cette formule un fantasme. Mais on en a là une preuve éclatante. La propension de LFI à ne cibler qu’Israël est le fruit d’un long compagnonnage avec l’islamisme politique le plus radical.

Alors critiquer la politique du gouvernement israélien, c’est une chose, et c’est un droit. Mais dans cette mouvance islamo-gauchiste on est carrément dans l’antisionisme c’est-à-dire dans le refus du droit à Israël d’exister. Et la frontière entre l’antisionisme et l’antisémitisme est des plus ténues. Et cette mouvance-là joue délibérément de l’ambiguïté. C’est cela qu’Elisabeth Borne a voulu pointer en évoquant « une forme d’antisémitisme ».

La Nupes a déjà explosé

On peut se demander si les attaques en Israël peuvent conduire, sur le terrain politique, à une explosion de la Nupes. Mais la Nupes a déjà explosé. A chaque fois que LFI passe les bornes, et elle le fait avec constance, l’existence de deux gauches « irréconciliables », comme le disait Manuel Valls, saute aux yeux. Du PS au PC, tous accusent Mélenchon de provoquer le divorce à gauche. Mais est-ce suffisant ?

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Aujourd’hui, on peut estimer qu’il ne suffit plus pour les dirigeants de gauche de s’affliger une déchirure croissante de la Nupes. Pour leur propre crédibilité, ils devraient dire aussi qu’il ne veulent plus travailler avec LFI. A gauche, la distance avec les Insoumis n’est pas que la conséquence déplorable d’une dérive de mélenchonistes ; elle devrait être une exigence morale.

Guillaume Tabard

 

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