LFI va-t-il résister au Complément d’enquête sur Sophia Chikirou ? France 2 diffuse à 23h ce jeudi le reportage sur Sophia Chikirou. C’est la dernière lame d’une série d’enquêtes journalistiques qui révèlent le caractère toxique et les pratiques pour le moins douteuses du bras droit de Jean Luc Mélenchon.
Cadres et militants insoumis seront très nombreux ce soir devant leur écran, pour découvrir les informations dévoilées sur Sophia Chikirou. Elle est à la fois députée de Paris, directrice de la communication de LFI depuis 2017 et la compagne de Jean-Luc Mélenchon selon plusieurs enquêtes journalistiques. Ces informations sont de nature à faire tout simplement exploser La France Insoumise.
D’abord, il y a l’enquête judiciaire. Chikirou sera prochainement entendue en vue d’une éventuelle mise en examen pour escroquerie aggravée. Elle est soupçonnée d’avoir surfacturé des prestations de son entreprise de communication à LFI lors de la campagne présidentielle de Mélenchon en 2017. Elle aura l’occasion de répondre.
Des messages homophobes écrits au salariés du Média
Mais ce n’est pas tout, il y a aussi les révélations sur son comportement. Dans plusieurs extraits diffusés sur les réseaux sociaux, l’émission de France télévisions dévoile des messages homophobes qu’elle aurait écrit à ses salariés lorsqu’elle dirigeait Le Média, cette web télé de LFI.
Influente. Redoutée. Intouchable.
Comment Sophia Chikirou s’est-elle imposée comme la plus proche conseillère du patron des insoumis ?
🔴 "Sophia Chikirou, la dame de piques de Jean-Luc Mélenchon"
▶️ #ComplementDenquete présenté par @tristanwaleckx, jeudi à 23h sur @france2tv pic.twitter.com/pwtjMA4h9h
— Complément d'enquête (@Cdenquete) October 3, 2023
Des extraits de conversation Telegram avec le groupe LFI à l’Assemblée révèle par ailleurs une attitude brutale et toxique. « Je préfère attendre sur le bord de la rivière de voir passer leur corps » a-t-elle envoyé dans la boucle interne des insoumis au sujet des frondeurs qui s’opposent depuis quelques mois à Jean-Luc Mélenchon. A l’Assemblée toujours plusieurs Insoumis nous ont confié le désarroi de certains collaborateurs de Chikirou qui se rendent au travail la boule au ventre.
Tout cela n’est il pas tout simplement indéfendable ? C’est exactement la question qui mine depuis 48 h l’Etat-major de LFI. Mardi en réunion de groupe, la présidente Mathilde Panot a gagné du temps en passant consigne d’attendre la diffusion de l’émission de ce soir pour enclencher ensuite une discussion collective. Pourquoi ? Parce que Panot sait que les choses ne pourront pas en rester là.
Gérard Miller : « ses dérives ne sont pas une invention du Grand capital »
Les contradictions morales deviennent insurmontables : LFI se veut le parti de la cause féministe, voilà Mélenchon qui défend Quatennens après qu’il a giflé sa femme. LFI joue les pourfendeurs des inégalités en ciblant le capitalisme et en agitant paresseusement les vieux réflexes de haine des riches, voilà qu’on apprend que la femme la plus proche de Mélenchon est accusée de s’être servie dans la caisse, qu’elle se serait versée des dividendes tout en condamnant ceux des autres.
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Ce n’est plus une élongation que risquent les insoumis, mais la rupture pure et simple des ligaments. Le grand écart est intenable. Le psychanalyste Gérard Miller, très proche de Jean-Luc Mélenchon, sera ce soir l’un des l’une des personnes interviewées dans le Complément d’enquête. Voilà ce qu’il écrivait hier sur X (ex Twitter) : « les dérives personnelles de Sophia Chikirou ne sont pas une invention du Grand capital. Et quand elle se rétribue aussi secrètement que généreusement pendant une campagne où tous ses camarades sont bénévoles ou peu payés, vouloir l’absoudre, ce n’est pas seulement mission impossible, c’est mission immorale ».