Rentrée 2023 : « De la communication » Les propositions d’Emmanuel Macron agacent l’essayiste Jean-Paul Brighelli

DOMINIQUE JACOVIDES -POOL/SIPA

A quelques jours de la rentrée scolaire, l’éducation est au cœur des préoccupations d’Emmanuel Macron, qui a multiplié les déclarations sur l’école, assurant que c’est « le cœur de la bataille que l’on doit mener ». Pour Jean-Paul Brighelli , essayiste et auteur de L’École à deux vitesses (éd. L’Archipel), ce n’est que de la « communication » de la part du président de la République.

Jean-Paul Brighelli, invité de la matinale de David Abiker sur Radio Classique ce vendredi 1er septembre a d’emblée salué les nouvelles décisions du ministre de l’Education nationale Gabriel Attal : « Je salue l’habileté tactique de commencer par l’abaya (interdite à l’école par une note de service envoyée aux chefs d’établissements) ».

L’essayiste assure qu’ainsi, le jeune ministre se démarque de son prédécesseur Pap Ndiaye, « woke à plein temps » : « Attal prend des décisions, fait voler la gauche en morceaux façon puzzle, envoie un signal aux chefs d’établissements et met les syndicats dans l’embarras ». Mais derrière cet éloge, Jean-Paul Brighelli cache des reproches adressés à Gabriel Attal : « le problème est que [les mesures annoncées] ne concernent que 0.1% des problèmes de l’école, or l’urgence est de réformer les programmes, d’abolir le collège unique ». Il faut « renverser la table », assène l’invité de Radio Classique.

Emmanuel Macron veut avancer la rentrée pour les élèves en difficulté : « en août c’est absurde » selon Jean-Paul Brighelli

Quid alors des propositions d’Emmanuel Macron, qui veut notamment une rentrée anticipée pour les élèves en difficultés ? « De la communication ! » s’énerve l’essayiste, qui juge « absurde » de faire rentrer les élèves fin août alors que les classes ne sont pas climatisées. Il suggère plutôt de réduire les vacances de la Toussaint, qui selon lui « ne servent à rien ».

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S’agissant de « récupérer le mois de juin » car les classes ferment pour les épreuves du bac, Jean-Paul Brighelli, s’interroge « le bac sert-il à quelque chose ? » plaidant pour un certificat de fin d’étude. Autre proposition qu’il développe dans son livre, L’École à deux vitesses, une « bonne » mixité sociale, pour valoriser les boursiers qui ont entre 18 et 20 de moyenne, et penser en termes qualitatifs. « Penser comme les syndicats en termes quantitatifs ne sert qu’à conforter les mieux nantis dans leur supériorité » assure l’invité de la matinale de Radio Classique.

Béatrice Mouedine

 

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