L’initiative politique d’ampleur d’Emmanuel Macron pourrait-elle déboucher sur un référendum ?

Jacques Witt/SIPA

Dans quelques heures, les chefs des différents partis de la majorité se retrouveront autour d’Emmanuel Macron à la Légion d’honneur. Le chef de l’État avait promis une « initiative politique d’ampleur ». Que faut-il attendre de ces « rencontres de Saint-Denis » ?

Qu’un président de la République consulte les responsables politiques n’est pas novateur depuis la période giscardienne. Ce qui est nouveau en revanche, c’est que le chef de l’État les reçoive tous ensemble et que cette réunion n’ait pas lieu à l’Élysée. C’est plutôt l’idée de réfléchir ensemble à des idées pour faire avancer le pays qui n’est pas habituelle.

D’ailleurs que tous les partis, du Rassemblement national aux Insoumis, répondent présents montre bien qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main une telle idée. Mais on peut à la fois reconnaître le bienfondé de la démarche et s’interroger, non pas sur son intérêt, mais sur son efficacité.

Depuis le début de sa carrière politique, Emmanuel Macron multiplie des discussions qui ne sont pas toujours suivies d’effet 

Cependant, nous pouvons avoir des raisons d’être sceptiques car ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron entreprend une telle initiative. Tout avait commencé par une « grande marche ». Celui qui n’était encore que ministre nous expliquait que pour régler les problèmes de la France il fallait changer de méthode : non pas proposer un programme, mais le faire écrire par les citoyens. Puis il nous a expliqué que si le pays n’avançait pas, c’est qu’il était prisonnier d’un clivage gauche-droite obsolète.  Il a effectivement dynamité le paysage politique, mais tout n’a pas été réglé, loin de là.

Puis, après les crises et les échecs, il a de nouveau trouvé la solution pour réformer sans bloquer : le grand débat national. Puis ce furent les conventions citoyennes. Une fois réélu, il reprend la même idée d’une concertation partant de la base, qu’il appelle « conseil national de la refondation », et à présent : les « rencontres de Saint-Denis ».

Le problème c’est que ces nouvelles méthodes de délibération se multiplient, se succèdent, sans qu’on n’en voie toujours ni les prolongements, ni l’efficacité. Le risque c’est que l’impression de gadget ou de diversion l’emporte.

« Qui trop embrasse mal étreint »

L’idée qu’a sans doute le président est de faire déboucher ces discussions sur un ou des référendums, auxquels semblent favorables la majorité des partis, mais sur des sujets distincts. La gauche souhaiterait obtenir une consultation sur la réforme des retraites, la droite sur l’immigration et Emmanuel Macron aimerait faire valider son projet de service national universel. Donc oui, un consensus existe sur l’idée d’un référendum, mais encore faut-il construire cette idée.

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Or, là, en quelques heures seulement, les chefs de partis sont sommés de trouver des idées sur les crises internationales de l’Ukraine au Niger, des solutions pour améliorer l’efficacité des politiques publiques, des projets pour réformer les institutions ou l’organisation territoriale ou encore des moyens de « faire Nation », comme ils disent, c’est-à-dire de répondre à la crise des banlieues d’avant l’été.

Guillaume Tabard

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