Alors qu’Emmanuel ne cesse de répéter qu’il dit tout ce qu’il fait et fait tout ce qu’il dit, une fois n’est pas coutume, ce dernier risque de ne pas tenir un de ses engagements de campagne : la baisse des droits de successions. Si cette promesse avait séduit les électeurs de droite en 2022, elle risque bien de se retourner contre le chef de l’État.
Alors qu’Emmanuel Macron avait promis la baisse des droits de succession pour séduire l’électorat de droite, très sensible sur ce type de sujets, plus les mois passent et plus ce dossier recule dans la liste des priorités à l’Élysée.
Il n’est plus un ministre ni un seul député qui mise sur les chances d’aboutir de cette baisse d’impôts, ni cette année, dans le budget 2024 qui sera examiné et adopté à l’automne, ni les années prochaines d’ici la fin du quinquennat.
La baisse des droits de succession, un manque à gagner pour l’État
Le coût d’une telle mesure est estimé à 3 ou 4 milliards d’euros. Cette feuille de route apparaît d’autant moins crédible à l’heure de la fin du « quoi qu’il en coûte » qu’elle ne s’adresse qu’aux Français les plus aisés et que 2 milliards d’euros de baisse d’impôts ont déjà été décidées et annoncées pour les classes moyennes. Par conséquent, l’exécutif va devoir faire un choix et Emmanuel Macron va a priori renoncer à son éternel et sempiternel « en même temps », en tout cas en matière de fiscalité.
Le chef de l’État a d’ailleurs commencé à préparer les esprits, lorsqu’il s’est exprimé en ouverture du Conseil des ministres il y a dix jours. Il a évoqué le « cadre exigeant » qu’il souhaitait mettre en place à la rentrée pour les finances publiques, et la « gestion raisonnable de nos déficits » qu’il appelle de ses vœux. Autrement dit, il choisit plutôt de faire des économies que de grever une partie des recettes.
Emmanuel Macron risque de perdre le soutien des Républicains
Cette ligne politique risque de doucher une nouvelle fois les espoirs des nombreux électeurs de droite qui l’avaient rejoint en 2022. Après son refus de retenir les propositions des Républicains en matière d’immigration, Emmanuel Macron ouvre un nouveau front avec ce parti.
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En contradiction avec ses engagements de campagne, il est cependant en adéquation avec son ADN historique. Celui qui l’avait poussé en 2017 à présenter la transmission patrimoniale comme une rente et à maintenir l’impôt sur la fortune immobilière, au point de s’imposer alors comme l’homme de toutes les mobilités, plutôt que celui de l’enracinement.
Arthur Berdah