Éric Dupond-Moretti : La Cour de cassation va-t-elle renvoyer le ministre de la Justice en procès ?

Jacques Witt/SIPA

La Cour de cassation va rendre aujourd’hui sa décision sur la demande d’annulation d’Éric Dupond-Moretti ainsi que sur son renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) dans une affaire de prise illégale d’intérêts. Un rendez-vous crucial qui pourrait signer la fin de la carrière politique du ministre de la Justice.

Éric Dupond-Moretti ne joue ni plus ni moins que la suite de sa carrière politique. S’il est renvoyé, il aura, ces prochains mois, une épée de Damoclès au dessus de la tête. Il apparaîtra pour tous comme un ministre en sursis.

Certes, compte tenu des délais de la Justice, il aura  un peu de temps devant lui, peut être un an. Ensuite, il passera devant la CJR, cette cour formée de 12 parlementaires et 3 juges. Son capital politique en serait sérieusement érodé. Ce serait alors une mauvaise nouvelle pour Élisabeth Borne, qui compte bien redonner un nouveau souffle à son gouvernement.

Autre scénario : la Cour de cassation donne raison à Éric Dupond-Moretti

À l’inverse, si la Cour de cassation donne raison à Éric Dupond-Moretti, alors son horizon se dégage, car il arrive lancé par son mois de juillet qui a été flamboyant. Son texte sur la Justice est passé haut la main à l’Assemblée avec 388 voix, avec à la clé, 10 000 recrutements et un budget de 11 milliards d’euros à la fin du quinquennat. Tout le monde ne peut pas en dire autant au gouvernement.

Il en a profité, en juillet, pour souffler ses trois premières bougies à la Chancellerie, ce qui est beaucoup à ce poste, en tout cas plus que Rachida Dati. Il s’est métamorphosé pendant les émeutes, en tapant du point sur la table. « L’ours s’est réveillé », me disait un collaborateur.

Remaniement : Éric Dupond-Moretti encourait-il le risque d’être démis de ses fonctions ?

Pour la première fois, le garde des Sceaux a passé cette étape avec sérénité. Il n’était pas en danger. Pour l’anecdote, il n’a été affecté que dans la mesure où Élisabeth Borne lui a pris son directeur de cabinet, Jean Denis Combrexelle.

Cette semaine, Éric Dupond-Moretti a refait parler de lui. Il a eu tout loisir de se draper dans les habits de la Justice, en rappelant que son institution doit travailler sans pression, une pique à destination de Gérald Darmanin.

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Le patron de la police nationale, Frédéric Veaux, a réclamé que les policiers ne soient pas mis en détention provisoire avant un éventuel procès. Bref, il est redevenu le puissant Monsieur Justice du gouvernement. Sa carrière politique touche-t-elle à sa fin ? Rendez-vous à 14 heures pour le savoir.

Marcelo Wesfreid

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