C’est donc la fin du suspense : Elisabeth Borne reste à Matignon. C’est une satisfaction personnelle plus qu’une véritable victoire pour la première ministre. Pour elle c’est l’essentiel. Il faut dire qu’un renvoi après à peine plus d’un an eut été une humiliation.
Alors que les rumeurs circulaient, alors qu’Emmanuel Macron parfois la contredisait, elle ne s’est pas affolée, elle n’a pas tenté des alliances compliquées ; elle est restée elle-même. Constante et appliquée. En « délivrant », comme elle dit. Ça a payé.
Elle entendait bien les supputations sur son remplacement par Gérald Darmanin. Ce n’est peut-être pas passé très loin ; on le saura peut-être un jour. Mais en tout cas, elle reste. C’est donc la première gagnante de ces cent jours.
Emmanuel Macron n’a pas publié de communiqué pour annoncer le maintien d’Elisabeth Borne
Son maintien n’est pas pour autant une victoire, parce que le président a vraiment fait le service minimum. Qu’y a-t-il de plus important, donc de plus solennel, dans la vie politique que le choix et la désignation d’un premier ministre ?
Or, vous avez vu le communiqué de la présidence de la République affirmant que le chef de l’Etat avait reconduit Elisabeth Borne ? Non, et pour cause, il n’y en pas eu. Elle a été confirmée par des fuites dans la presse.
L’Elysée a juste fait savoir que Macron lui avait annoncé qu’elle restait en lui demandant de procéder à des « ajustements » de son équipe. Alors on peut dire qu’on est dans la continuité, donc qu’il n’y a pas de raison de solenniser l’événement. Mais quand même ! Qui avait dramatisé la séquence avec cette histoire de cent jours ?
Un ajustement de l’équipe gouvernementale sera annoncé dans la semaine
Dans les phrases de l’Elysée, il n’y a même aucun mot pour lui rendre hommage. Relégitimer Elisabeth Borne, c’eut été la renommer et la saluer. Là, elle n’est pas même confirmée, elle est juste maintenue. Ça lui suffit, mais c’est peu. Et ça ne lève pas l’hypothèque d’un changement de premier ministre dans quelques semaines ou dans quelques mois.
Quelles sont alors les raisons de fond de ce maintien et que va-t-il se passer maintenant ? D’ici la fin de la semaine, il y a aura donc le remaniement, dont on sait maintenant qu’il sera un simple « ajustement ». Donc rien ne spectaculaire à attendre.
L’Elysée se montre satisfait des 100 jours
La seule question importante c’est : électrochoc ou procrastination à l’Education nationale ? Et puis Emmanuel Macron va parler pour « donner le cap ». On devrait compter le nombre d’interventions, d’allocutions, censées « donner le cap ». En gros, c’est on continue puisque l’Elysée se dit satisfait des 100 jours.
On prend les mêmes et on continue, et avec la même majorité relative. Et avec les mêmes appels à se rassembler et à réformer. Il n’y avait sans doute pas d’autre solution car l’exécutif n’a pas élargi la majorité.
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Le petite musique de cette reconduction tacite, c’est : on fait comme ça faute de mieux. En tout cas, la stabilité gouvernemental oblige Emmanuel Macron à se montrer offensif, créatif, original dans son intervention de la semaine. Il se met à lui-même la barre très très haut.