Émeutes : Laurent Wauquiez veut proposer une union sacrée à Emmanuel Macron

Stephane Lemouton-POOL/SIPA

Laurent Wauquiez a accordé un long entretien au Figaro ce matin pour tirer les leçons des émeutes. Alors que le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait surpris par son silence pendant la réforme des retraites, ce dernier semble sortir du silence, avec l’Élysée en ligne de mire.

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu Laurent Wauquiez. Tout le monde avait déjà été frappé par son silence lors de la réforme des retraites. Il avait surpris, déçu et inquiété une grande partie de ses soutiens, à commencer par Éric Ciotti le président des Républicains qu’il avait pourtant contribué à faire élire.

Ses partis estimaient que celui qui entend conduire la droite à la prochaine élection présidentielle ne peut pas rester en retrait et ne rien dire sur les grands sujets qui intéressent les Français.

Laurent Wauquiez vise l’Élysée

Cette stratégie, pourtant, était délibérée de la part du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui, précisément parce qu’il a regard fixé sur l’Élysée, ne voulait plus être dans le bruit médiatique et réagir à chacune des politiques du moment.

Cette priorité accordée au travail de fond peut se défendre, mais pour prendre de la hauteur, il ne faut pas nécessairement sortir des radars. Celui qui prétend être le chef doit quand même parfois se montrer avec ses troupes.

Laurent Wauquiez a compris le message et c’est pour cette raison qu’il détaille, dans le Figaro, sa vision de la société telle que ces émeutes l’ont révélée.

Quel est donc son diagnostic sur cette crise des banlieues ?

Laurent Wauquiez ne donne pas une explication économique et sociale de ces émeutes. Comme d’autres avant lui, il estime que la réponse n’est pas d’investir de nouveau dans les politiques de la ville.

À ses yeux, cette crise révèle un problème d’identité nationale et résulte d’une « désintégration de l’État et de la Nation » qui se traduit par une inversion des valeurs : le délinquant devient une victime, le policier un coupable, l’école n’est plus un moyen d’émancipation mais un outil d’oppression.

Il a en outre affirmé : « les deux seules figures de l’autorité qui subsistent dans les quartiers sont le caïd et l’imam ». Cette phrase choc fera grincer des dents, mais au moins, le débat est posé.

Laurent Wauquiez invite Emmanuel Macron à « une forme d’union sacrée »

Laurent Wauquiez ne propose pas au chef de l’État une coalition, comme l’envisagent Nicolas Sarkozy ou Édouard Philippe pour 2027. L’idée du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est tout autre. Si on est d’accord sur certaines solutions alors que le gouvernement les prenne maintenant et que tout le monde les soutienne.

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Cette proposition est séduisante, mais parmi les autres solutions avancées figure notamment l’expulsion immédiate des étrangers auteurs de violence. L’opinion approuve, mais il n’y aura pas là-dessus d’union sacrée des partis. C’est peut-être ce qu’il veut démontrer.

Guillaume Tabard

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