Nicolas Sarkozy mène un travail acharné pour réunir la Macronie et Les Républicains

Michel Euler/AP/SIPA

Nicolas Sarkozy semble plus convaincu que jamais de la nécessité d’un rapprochement entre les macronistes et la droite. Hier, l’ancien chef de l’État s’est fendu de professer ses arguments en faveur de cette alliance au cours d’un déjeuner avec les députés Renaissance. Cette initiative séduit-elle pour autant la majorité pour l’élection 2027 ?

Si Nicolas Sarkozy a une idée en tête, il n’y renonce pas, encore moins si la voie qu’il choisit débouche sur une impasse. Il essaye alors un autre chemin, comme ce fut le cas lors du déjeuner d’hier avec une vingtaine de députés du groupe Renaissance.

Jusqu’à présent, c’est Emmanuel Macron lui-même que l’ancien Président cherchait à convaincre de faire une alliance avec Les Républicains. Lui expliquant que le pays s’était droitisé, l’ancien Président avait préconisé à maintes reprises au chef de l’État après les législatives, il y a un an, puis lors d’un dîner au début du mois à l’Élysée, de nommer un Premier ministre de droite, à l’instar de Christine Lagarde.

Mais, à l’évidence, Emmanuel Macron ne l’a pas écouté, arguant que sa majorité ne suivrait pas. Que fit alors Nicolas Sarkozy ? Il alla directement voir les députés pour les convaincre du bienfondé d’un accord entre la majorité et LR.

Nicolas Sarkozy ne veut ni de Mélenchon ni de Le Pen pour la France

D’après le récit qu’a dressé Loris Boichot de cette entrevue dans Le Figaro, l’ancien chef de l’État aurait formulé son principal argument comme suit : « Je ne veux ni de Mélenchon ni de Le Pen pour mon pays. »

À ses yeux, le seul moyen d’éviter un duel des extrêmes au second tour de l’élection présidentielle de 2027, est d’avoir un candidat suffisamment fort issu d’un arc central, allant de Renaissance aux Républicains. Et pour que cet arc soit fort en 2027, il doit commencer par être uni en 2023.

L’ancien président de la République qui avait juré se retirer de la vie politique, se défend de redevenir un acteur partisan. C’est pourquoi il a pu professer ce syllogisme : « quand on aime son pays, on doit l’aider. Aider Macron, c’est aider la France. »

L’avenir politique de la France ne se jouera ni avec Emmanuel Macron, ni avec Nicolas Sarkozy

Qu’un président de la République échange avec son successeur, c’est une chose. Que Nicolas Sarkozy défende son projet directement devant des députés, c’est un pas de plus. S’il reçoit fréquemment des élus de droite dans ses bureaux de la Rue de Miromesnil, c’est cependant la première fois qu’il s’adresse à des élus de la majorité dans les murs de l’Assemblée nationale.

Force est de constater que Nicolas Sarkozy est souvent consulté : pour les retraites, l’immigration ou encore les finances publiques. Mais, LR ne veut pas travailler avec les macronistes et la grande majorité des macronistes ne veulent pas travailler avec LR.

Il a discuté hier avec des députés de l’aile droite de Renaissance. Bientôt, il verra les députés Républicains macron-compatibles. Mais dans les deux groupes, ces initiatives de rapprochement sont loin de faire une majorité.

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D’autant plus que tous les députés ont en tête que, d’une part, Nicolas Sarkozy a quitté le pouvoir il y a onze ans, soit quinze ans en 2027, et de l’autre qu’Emmanuel Macron quittera l’Élysée, quoi qu’il arrive, dans quatre ans. Par conséquent, ceux qui souhaitent participer à la recomposition de la vie politique sont convaincus que cet avenir ne se jouera ni avec Emmanuel Macron, ni avec Nicolas Sarkozy.

Guillaume Tabard

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