Présidentielle : Les meilleurs alliés de Marine Le Pen sont-ils à gauche ?

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Il y a un an, 89 députés du Rassemblement national faisaient leur entrée à l’Assemblée. Servant à la fois de vitrine et de bras armé à Marine Le Pen pour gagner l’élection présidentielle de 2027, ces sentinelles ne sont pourtant pas les seuls alliés de la future candidate.

Le seul sujet de Marine Le Pen, sa seule et unique préoccupation, c’est de faire en sorte que la quatrième fois soit la bonne, et elle a donc analysé ses trois précédents échecs à la présidentielle.

Trop radicale pour certains, peu sérieuse pour d’autres, c’est le fameux plafond de verre : Marine Le Pen manque encore de crédibilité.

Si le Rassemblement national n’accède pas au pouvoir parce qu’il inquiète, force est de constater qu’il effraye de moins en moins. 34 % au second tour en 2017, puis 42 % en 2022 : il ne lui reste que huit points à gagner. Pour y parvenir Marine Le Pen croit avoir la recette : ajouter une pincée de respectabilité à la dédiabolisation et le tour sera joué.

Sondage IFOP : Le RN inspire plus confiance que les Insoumis

Or, il s’avère que les meilleurs alliés du RN sont à gauche. Tous ceux qui ont pour dessein assumé de transformer « l’Assemblée nationale en ZAD », pour reprendre la formule de la leader des Verts, Marine Tondelier, font gagner des points à leurs opposants d’extrême droite, puisque leurs vociférations et leurs outrances offrent sur un plateau un comparatif bien utile aux députés du RN.

L’extrême droite s’est contentée de mettre une cravate. Mais, grâce aux Insoumis et à leurs amis, elle jouit d’un effet de miroir déformant qui fait s’estomper son déficit en compétence.

Dans un récent sondage IFOP, si 28 % des Français se disent inquiets devant LFI, ils ne sont plus que 21 % à ressentir la même inquiétude vis-à-vis du RN.

Marine Le Pen gomme méticuleusement le radicalisme du RN

Ensuite, il y a les propositions sur l’immigration des Républicains. Le sujet, urgent, doit être traité et la demande de fermeté est massive dans l’opinion. Faut-il au passage s’extraire du droit international ?

Emmanuel Macron répond non et la recherche d’un compromis avec la droite est au point mort. Pendant ce temps-là, les électeurs vont-ils se dire que le RN n’est finalement pas plus radical que la droite traditionnelle ? C’est possible.

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Enfin, l’« idiot utile » par excellence est toujours là. Éric Zemmour, qui ressurgit à chaque fait divers, continue tranquillement de recentrer Marine Le Pen. Il reste quatre ans avant l’échéance et tout peut encore bouger. Mais aujourd’hui, le RN n’a pas besoin d’alliés, ses adversaires se chargent de lui être agréables.

David Doukhan

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