Dans un entretien accordé au Figaro ce lundi 19 juin, Richard Ferrand s’est exprimé pour la première fois depuis sa défaite aux législatives il y a un an. Le nom de l’ancien président de l’Assemblée nationale (2018-2022) est régulièrement cité pour remplacer Elisabeth Borne à Matignon.
Richard Ferrand n’a rien perdu de son goût pour les formules. A la question posée par le journaliste Arthur Berdah sur son aspiration à revenir au gouvernement, l’ancien député du Finistère répond : « je suis plutôt un vétéran qu’un aspirant ».
Plusieurs interprétations sont possibles. Soit son heure est passée, soit il ne ferme pas totalement la porte en faisant une telle pirouette . Il y a peu, dans une conversation privée, Richard Ferrand nous répondait : « j’ai allumé la lumière avec Emmanuel Macron ; si je reviens, ce sera pour éteindre la lumière avec lui » ; c’est-à-dire, en fin de quinquennat.
Mais au-delà du jeu des formules, l’ancien président de l’Assemblée nationale, est resté un conseiller important du chef de l’Etat. Et dans ce moment compliqué où Macron recherche une solution politique, Ferrand sort de son silence pour donner son point de vue.
Richard Ferrand plaide pour une « unité nationale » plutôt qu’un virage à droite
La position de Nicolas Sarkozy, qu’il a vendue à Emmanuel Macron, est simple : le pays a viré à droite donc il faut gouverner à droite. Il faut nommer un Premier ministre de droite.
Or, Richard Ferrand balaie cette idée : il y a besoin d’un moment d’ « unité nationale ». Et toutes les forces « républicaines » seraient bien inspirées d’y participer. Ceux qui se conteraient de préparer l’alternance dans quatre ans seront perdants s’ils refusent de participer dès aujourd’hui à l’apaisement et au redressement du pays.
Ce message est destiné aux Républicains (LR) et aux autres « forces réformistes », c’est-à-dire aux sociaux-démocrates. Richard Ferrand n’imagine pas une coalition telle que la définit Sarkozy mais un élargissement de la Macronie à d’autres partenaires ou personnalités sur la base de « concessions réciproques ».
François Bayrou, un autre candidat crédible au poste de Premier ministre
François Bayrou est l’autre « vétéran », pour reprendre la formule de Richard Ferrand. En vertu de son soutien originel à Emmanuel Macron, le maire de Pau se sent gardien de l’esprit initial du macronisme. Et cet esprit initial, selon lui, c’est le dépassement du clivage gauche-droite.
Plus encore que Ferrand, il est vent debout contre une droitisation de la majorité, et, a fortiori, contre un gouvernement dirigé par quelqu’un venu de la droite. Invité du Grand Jury sur RTL, François Bayrou a répété ce discours. Comme Ferrand, il souhaite accueillir des personnalités venues de LR, mais à condition de s’inscrire dans le cadre d’un « socle central ».
Maintenir Elisabeth Borne, la meilleure solution pour Emmanuel Macron ?
Le Président de la République Emmanuel Macron est pris en étau et ses marges de manœuvre sont limitées. Il réfléchit et sa réflexion est loin d’être achevée. Pour rappel, Les Républicains ont confirmé ce week-end qu’ils ne voulaient pas de coalition.
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Et quand bien même ils y seraient prêts, le soutien de 40 députés LR feraient perdre à Macron le soutien de 40 députés MoDem. Voilà pourquoi je reste convaincu que le périmètre de la majorité ne changera pas, que la première ministre conservera son poste et que le remaniement se limitera à quelques ajustements ou quelques corrections d’erreurs de casting.