Vilipendés par la gauche, les propos de Richard Ferrand sur le cumul des mandats présidentiels dans son entretien au Figaro ont suscité une polémique. Les accusations de « dérive autocratique » formulées par les Insoumis à son encontre sont-elles justifiées ?
Un mauvais procès a été fait à Richard Ferrand par la gauche. Il a affirmé regretter à titre personnel la limitation à deux mandats présidentiels, ainsi que l’interdiction du cumul des mandats car, à ses yeux, la liberté des électeurs s’en trouve bridée.
Des opposants en ont déduit que l’ancien président de l’Assemblée posait des jalons pour faire sauter l’interdiction faite à Emmanuel Macron de se représenter en 2027. Tout en nuance (sic), l’Insoumise Mathilde Panot a parlé de « dérive autocratique » en attendant de « restaurer l’Empire ».
Un mauvais procès intenté à Richard Ferrand par la gauche
Le propos de Richard Ferrand est de portée générale et, quand bien même il voudrait entreprendre de revenir sur cette limitation à deux mandats consécutifs inscrite dans la Constitution en 2008 par Nicolas Sarkozy, elle ne pourrait s’appliquer qu’au prochain mandat.
Donc, en aucun cas Emmanuel Macron ne pourrait en profiter. Il serait même le seul à ne pas pouvoir en profiter. Si cette manœuvre était intéressée, elle serait assez bancale.
Le cumul des mandats présidentiels dans le temps fait débat
Parce que c’est une vraie question qui se pose. Mais ce n’est pas une affaire pour ou contre Macron, c’est une question institutionnelle de fond. Il y a en fait deux écoles.
Il y a ceux qui disent : ne pas pouvoir se représenter libère un président de la République car il n’a plus pour obsession de plaire, mais pour seul souci d’agir. C’est pour cela qu’un Xavier Bertrand notamment plaide pour un septennat non renouvelable.
Mais inversement il y a ceux qui pensent, qui redoutent ou qui constatent que si un président n’a pas la possibilité de se représenter, il perd de facto son autorité, puisque les gens se disent : il ne peut rien nous imposer puisque de toute façon, il ne sera plus là après.
C’est la première fois qu’un second mandat est obligatoirement le dernier
On voit bien que les grandes manœuvres ont commencé, que l’après Macron est déjà dans toutes les têtes, et d’abord en Macronie. La campagne de 2027 a commencé en 2022. C’est une réalité politique qui pollue inévitablement tout le débat politique.
Il faut ajouter une dimension psychologique aussi. Après deux mandats, Mitterrand et Chirac étaient âgés et malades. Sarkozy, lui a été battu après son premier mandat. Quant à Hollande, il n’a même pas pu en briguer un deuxième.
C’est donc la première fois que l’on peut mesurer l’effet d’un second mandat qui est obligatoirement le dernier et ce, avec un président qui n’aura pas même 50 ans quand il devra quitter l’Élysée.
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Psychologiquement, ça peut faire drôle d’être engagé sur la bretelle de sortie si tôt et si jeune. Et au fond, peut-être autant que l’absence de majorité absolue, c’est ce qui explique l’impression de faux départ de ce deuxième quinquennat macronien.