« Heureusement on a du temps devant nous » : LR se prépare laborieusement pour les élections européennes

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Une réunion vient de se tenir au siège des Républicains autour d’Éric Ciotti. À l’ordre du jour : la préparation des élections européennes de 2024, un enjeu de taille pour le parti de droite qui peine à retrouver sa place dans le paysage politique français.

Cette réunion à laquelle participaient notamment François-Xavier Bellamy et Michel Barnier est la première d’une longue série. « Heureusement on a un peu de temps devant nous » confie un haut responsable du parti. « Heureusement » car, à ce jour, Les Républicains ne savent ni quelle tonalité il faudra donner à cette campagne, ni quelle personnalité pourra l’incarner.

Ces élections imposent un clivage très clair entre la voie macroniste, favorable à l’approfondissement du projet européen, et celle, eurosceptique, incarnée par le Rassemblement National.

LR peinent à se frayer une voie dans le paysage politique

Dans ces conditions, une troisième voie a toutes les peines du monde à exister. C’est ce que François-Xavier Bellamy avait voulu porter en 2019. La droite a fini à 8 % et Laurent Wauquiez avait été contraint de démissionner de la présidence du parti.

En 2024, l’équation ne sera pas différente. L’un des leaders du parti constate froidement : « Il faut qu’on trouve un message fort pour exister, il faut qu’on trouve un chemin, un slogan. »

La première étape pour aboutir à une solution c’est d’admettre qu’on a un problème. La droite en est là. Et ce n’est qu’une fois la ligne définie qu’elle pourra trancher le sujet de l’incarnation.

Un scénario noir se profile pour LR aux Européennes

Ces Européennes donneront le coup d’envoi de la présidentielle. Il ne faudrait pas qu’elles se transforment en coup d’arrêt pour Les Républicains. Les plus pessimistes imaginent un score inférieur à 5 % ce qui aurait pour conséquence que la droite, pour la première fois de son histoire, n’enverrait aucun député à Strasbourg.

Scénario noir certes, mais la compétition sera encore plus rude qu’en 2019 puisqu’il y aura une liste de plus à droite : celle de Reconquête, qui pourrait être menée par Marion Maréchal Le Pen. Or, le parti d’Éric Zemmour a justement pour objectif d’aller convaincre parmi les électeurs toujours fidèles aux Républicains.

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Les Européennes ont tendance à réussir aux partis qui ont une ligne claire sur l’Europe à l’instar de Renaissance, du Rassemblement national et des Verts, mais à être fatale à ceux qui sont ambigus ou brouillons comme La France Insoumise, le Parti socialiste et Les Républicains en 2019.

Concernant l’immigration, la droite a réussi à marquer les esprits avec un projet cohérent que tout le monde a compris. Il lui faut accomplir quelque chose de similaire sur l’Europe. Son défi, pour enfin sortir de la tenaille Macron-RN, est celui de la clarté.

David Doukhan

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