Adolescent tué à Nanterre : « Visiblement il y a une erreur policière » reconnaît David Le Bars (syndicat policier SCPN)

Au lendemain de la mort de Nahel, 17 ans, des suites d’un tir policier lors d’un contrôle routier, la classe politique s’est embrasée et des émeutes ont éclaté à Nanterre. Invité de Radio Classique, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale française, attend la « décision de la justice ».

La mort de Nahel, jeune automobiliste de 17 ans à Nanterre, après un refus d’obtempérer, a suscité de vives réactions, du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à l’acteur Omar Sy en passant par la star du football Kylian Mbappé. Le policier impliqué est « âgé de 38 ans [et] a une carrière sérieuse » explique David Le Bars.

Une situation déplorable et une « affaire très grave » dans un contexte sécuritaire particulier. « Malgré l’émotion, il faudrait que l’on parvienne à garder notre sang-froid car cette affaire est en cours d’instruction » prévient le policier.

« Les images sont extrêmement troublantes » après la diffusion de la vidéo de l’arrestation

La scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux est « extrêmement choquante », a rappelé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. On y voit deux policiers contrôler les occupants d’une voiture Mercedes de couleur jaune, à l’arrêt. L’un des policiers, accoudé sur le pare-brise, tient en joue le conducteur. Au moment où il redémarre son véhicule, l’agent tire à bout portant sur le jeune automobiliste.

Malgré l’intervention des secours, la victime décède quelques minutes plus tard. « Visiblement, il y a une erreur policière, constate David Le Bars. Le tir ne semble pas rentrer dans les conditions de la légitime défense et de l’article 435-1, concernant les refus d’obtempérer. »

Le policier placé en garde à vue a affirmé que le véhicule leur fonçait dessus, séquence que la vidéo ne montre pas. Raison pour laquelle le dirigeant syndical fait montre de « prudence ». A contrario d’une partie de la classe politique « qui souffle sur les braises en faisant le procès des policiers dans les médias » et d’une « partie de l’intelligentsia qui se donne bonne conscience à bas prix sur le dos des policiers ».

Des émeutes ont éclaté dans plusieurs villes en réaction à la mort du jeune homme

David Le Bars a notamment incriminé des députés LFI qui se sont « rendus dans des commissariats cette nuit » pour contrôler les conditions de garde à vue des 31 personnes interpellées lors des émeutes en réaction à la mort du jeune homme. Même réaction du côté du Rassemblement national : le président du parti, Jordan Bardella, a jugé « honteux » ces contrôles de la part des Insoumis.

Ce fait divers, devenu affaire politique, doit être traité avec « sang-froid », assène-t-il. « Ce n’est pas en se défoulant dans la rue ou en appelant des gens à se défouler qu’on va régler un problème judiciaire. » Déplorant l’acharnement que subit l’ensemble de ses collègues, l’ancien policier en Seine Saint-Denis a rappelé la pénibilité de la fonction de gardien de la paix, qui « défend les Français pour 1.800 euros par mois ».

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La montée de la haine et des violences à l’encontre des forces de l’ordre, sujets pris à bras-le-corps par le chef de l’Etat Emmanuel Macron en visite à Marseille, ne doivent pas faire oublier que 13 décès ont été enregistrés après des refus d’obtempérer lors de contrôles routiers en 2022. Concernant l’affaire Nahel, 3 plaintes ont été déposées et « justice sera rendue » assure David Le Bars.

Oscar Korbosli

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