Alors que le 14 juillet est passé, une intervention d’Emmanuel Macron est désormais attendue dans la semaine. Elle est prévue depuis la mi-avril et devait permettre de dresser un premier bilan des « cent jours d’apaisement » qu’il avait décrétés.
On ne connaît pour l’instant ni la date ni les sujets qui seront abordés par le chef de l’Etat, mais il y a des indices. Emmanuel Macron est attendu aujourd’hui à Bruxelles pour un sommet Europe-Amérique latine et vendredi, il doit entamer une longue tournée en Océanie. Même s’il se dit qu’il pourrait reporter son départ à dimanche, a priori, c’est donc entre demain mardi et vendredi qu’il devrait s’exprimer.
0n pourrait imaginer une classique intervention à 20 heures mais, déjà, allocution ou interview, ce n’est pas la même chose. Et Macron pourrait envisager d’autres canaux médiatiques. Par exemple la presse écrite.
Enfin, troisième inconnue : le lien ou l’absence de lien avec un remaniement. Avec là encore, plusieurs hypothèses. D’abord un remaniement, qu’il concerne Matignon ou non, qu’Emmanuel Macron viendrait ensuite justifier. Ou alors une intervention de fond pour détailler les chantiers des mois à venir, qu’un remaniement viendrait ensuite illustrer.
Un remaniement gouvernemental repoussé à la fin août, voire plus tard ?
Ou enfin, autre possibilité : le chef de l’Etat tire le bilan des cent jours, fixe le cap des mois à venir, mais… renvoie l’éventuel remaniement à fin août, voire plus tard encore. Après le vote des budgets à l’automne. Ce serait après les européennes et les JO, dans un an, disent même certains.
Effectivement, le champ des possibles est très large. Pourquoi Emmanuel Macron entretient-il à ce point le suspense ? La première question à se poser est de savoir s’il s’agit effectivement d’un suspense savamment entretenu ou si le président n’est pas tout simplement encore dans l’incertitude quant à ses choix.
Demandez à Samuel Blumenfeld, le spécialiste du cinéma pour Radio Classique : il vous dira que celui qu’on appelait le maître du suspense, Alfred Hitchcock, attendait d’avoir achevé son scénario, au détail près, avant de commencer le tournage. Là, quand on met bout à bout tous les éléments de langage, toutes les rumeurs, toutes les confidences, on a la nette impression que le scénario est loin, très loin d’être totalement écrit. Que tout reste possible.
Tant qu’Emmanuel Macron n’a pas tranché nettement, on n’a pas fini de scruter chaque geste et chaque mot du président
Le fait qu’Elisabeth Borne fasse des annonces aujourd’hui dans le cadre d’un comité interministériel sur la sécurité routière est-il un indice de son maintien à Matignon ? On pourrait le penser. Mais déjà la semaine dernière son long entretien au Parisien avait été interprété ainsi.
Cela n’avait cependant pas empêché les rumeurs de son remplacement par Gérald Darmanin repartir de plus belle et le moindre détail d’être surinterprété, comme par exemple l’erreur de protocole à la tribune du 14 juillet. Tant que Macron n’aura pas tranché nettement et publiquement, on n’a pas fini de scruter chaque geste, chaque mot du président.
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Je vous parlais d’Hitchcock ; il y a une autre différence. Le suspense mis en scène par le réalisateur captivait les spectateurs. Il n’est pas aussi certain que le suspense Macron passionne autant les citoyens.